Archives de avril 2020

Encore un pas de plus…

L’été dernier, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe sur le chemin de Compostelle. Ce fut toute une aventure, en quelques jours nous avons parcouru plus de 275 kilomètres. C’était ma deuxième expérience sur le chemin. La première fois, j’ai parcouru la distance du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en France à la ville de Burgos et la deuxième fois j’ai eu la chance de faire une partie du chemin côtier.
Plusieurs personnes m’ont demandé comment on peut faire le chemin. Je leur réponds simplement en faisant un pas à la fois et un après l’autre. À chaque fois que je fais ce chemin, j’ai toujours vécu une expérience singulière, unique. J’aime faire de la randonnée et j’adore me dépasser me donnant des objectifs de distance de plus en plus grands de jour après jour. Il m’est arrivé dans un de mes périples de faire plus de quarante kilomètres dans une même journée.

Mais mon exploit le plus grand ce n’est pas d’avoir fait une grande distance, mais c’est d’avoir pris le temps d’aider une personne à faire un pas de plus. Je me souviens à plusieurs occasions de me retrouver avec des gens qui me disait je n’en peux plus. J’arrête, ici j’ai soif, j’ai mal au pied, je ne suis plus capable, j’ai tout donné. Quoi faire ? La première chose que j’ai dû accepter de ne pas être performant. La deuxième chose c’est vivre et aimer l’autre tel qu’il est. Je me suis retrouvé dans un champ, dans une forêt loin des habitations, d’une source d’eau, loin de la route. Alors la seule chose que j’ai pu dire ; « faisons un pas ensemble, dis-moi qu’est-ce qui te fait mal ? Quelle est ta souffrance ? ». Alors en écoutant l’autre partager sa souffrance je l’invitais à faire un autre pas.
Ce qui m’a émerveillé à chaque fois, c’est en écoutant les cris et les souffrances de ceux qui n’était plus capables, sans s’en rendre compte il faisait un pas à la fois. Un pas à la fois, un après l’autre et ainsi on parcourait à notre insu un, deux, trois, quatre kilomètres et l’on arrivait au refuge où un repas chaud nous attendait. Aujourd’hui, ce n’est pas des kilomètres que nous avons à parcourir, ce sont des journées à vivre une à la fois, sachant que chaque journée vécue est une victoire, un pas de plus vers le refuge celui de la fin de la pandémie.

18 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Comme bien d’autres, j’ai reçu la demande de confinement comme un choc. D’abord, cela confirmait la dangerosité du virus, et, faisant partie de l’âge vulnérable, ma vulnérabilité.

Comment vivre un quotidien bouleversé ? Pour combien de jours, de semaines et peut-être même de mois ? Après quelques jours de réflexion sur mes activités habituelles et de longue date que je ne pourrais plus faire, vivre le moment présent s’est imposé à moi.

Voilà qu’un réseau de solidarité et d’entraide s’est formé pour assurer mon bien-être. Cependant, il me fallait faire appel à l’humilité pour accepter des besoins que je ne pouvais plus combler seule, demeurer humble devant les personnes qui m’offraient leur aide (enfants, petits-enfants, famille agrandie, voisins, amis) avec tant de cœur et de don de soi.

Reconnaître la grande générosité et le dévouement de toutes ces personnes m’appelle à une grande reconnaissance pour le fait que même si je suis une personne qui vit seule, je ne suis pas seule car je suis bien entourée.

Après trois semaines, le corps réclame ses droits. Mes longues marches journalières me manquent. Je prends vraiment conscience qu’un corps sain est bénéfique pour les autres aspects de ma vie. Il me faut trouver d’autres exercices, m’alimenter le mieux possible afin d’échapper à ce virus qui guette en permanence une proie qui le nourrira, sans pour autant qu’il se demande si sa visite pourrait causer la mort.

Le confinement me donne du temps pour voir et essayer de comprendre ce qui se passe sur la Planète entière. Je vois tant de solitude, de souffrances physiques, psychologiques et spirituelles. Les personnes qui décèdent sans être accompagnées me touchent particulièrement.

Mais, je prends conscience aussi que la lumière de l’amour suscite l’espoir, la patience, la gratitude, l’humilité, la charité les uns envers les autres, des liens crées ou retrouvés à travers les familles, les amis, les voisins et plus encore. Nous avons tous un peu plus de temps pour la réflexion et pour la prière.

Le monde devient meilleur un peu plus chaque jour à mesure qu’avance cette grande leçon de vie que le virus traîne avec lui. Devenir meilleur et le rester.

Florence

13 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Quand le malheur nous frappe, comme c’est le cas présentement avec la covid-19, beaucoup sont portés à se tourner vers Dieu. Mais quel Dieu tentent-ils alors de rejoindre? Est-ce bien le Dieu de Jésus-Christ? Certains sont tentés de prier un Dieu qu’ils espèrent tout-puissant et qui d’un coup de baguette magique nous ramènerait à notre situation passée. Dans un tel cas, ces personnes risqueraient de ne rien apprendre des événements et continueraient à vivre comme avant, comme si rien n’était arrivé…
Nous pourrions certainement comparer ces personnes à ces gens qui se tournaient vers Jésus pour l’acclamer aux portes de Jérusalem car ils voyaient en lui le Messie attendu qui les délivrerait de la domination des Romains (Matthieu 21, 1-11). Toutefois comme la réponse attendue ne vient pas et comme Jésus ne correspond pas vraiment à leur image du Messie, au lieu de regarder s’ils n’ont pas une certaine responsabilité et s’ils n’ont pas à entreprendre eux-mêmes quelques actions concrètes, ils choisissent plutôt de se rebuter contre Jésus… Ils seront de ceux qui crieront : «Qu’il soit crucifié!» (Matthieu 27, 11-54). Se pourrait-il alors que ceux qui se tournent aujourd’hui vers ce Dieu tout-puissant en arrive aussi à désespérer et choisir par la suite de le rejeter? À moins qu’ils tournent contre eux leurs frustrations de ne pas être exaucés comme ils l’espéraient en se disant qu’ils n’ont pas assez la foi, qu’ils n’ont pas trouvé la bonne formule de prière, etc. Pourtant il serait faux de croire que Dieu nous laisse dans le malheur parce que nous ne sommes pas assez parfaits ou que nous n’ayons pas trouvé la bonne prière!


Si l’image de Dieu que nous pouvons espérer peut être celle de la Toute-Puissance, nous devons bien reconnaître qu’elle ne correspond pas vraiment à celle que Jésus nous révèle en ces jours saints! En effet, il est bien timide ce Messie qui est incapable de combattre les ennemis avec force, comme le roi David l’avait fait en son temps… Jésus a davantage pris les traits du serviteur souffrant (Isaïe 50, 4-7) et choisi le chemin de l’humilité (Philippiens 2, 6-11). De ce fait, Jésus incarne un Dieu qui prend à bras le corps notre faiblesse, notre vulnérabilité et qui se soumet aussi jusqu’à l’extrême à la liberté de l’humanité. Jésus n’a d’autre choix que d’entrer dans la mort afin de ne pas faire triompher l’image du Dieu tout-puissant, de ce Dieu tout-puissant dont nous rêvons et qui serait là à notre service, au service de notre puissance, de notre succès, et non de ce Dieu à qui nous avons le pouvoir et le devoir de nous remettre totalement entre ses mains, comme Jésus lui-même nous en donne l’exemple au jardin de Gethsémani.
Mais nous sommes constamment tentés de passer de la terre où nous sommes esclaves à la terre promise où coulent le lait et le miel sans passer par le temps de désert nécessaire à l’apprentissage de la liberté. Les jours saints qui débutent nous enseignent que nous ne pouvons vivre vraiment la résurrection que si nous prenons le temps de côtoyer Jésus et de partager son intimité, nous laissant toucher par son humilité alors qu’il se fait serviteur pour prendre soin de nos pieds blessés et salis par la poussière de nos péchés (Jeudi saint); que si nous prenons avec lui le chemin de la croix, accueillant notre réalité humaine avec toutes ses ambiguïtés et ses contradictions (Vendredi saint); que si nous passons à travers le silence de Dieu et l’apparence de l’absence de Dieu (Samedi saint).
Oui, laissons donc le Christ nous révéler son cœur très aimant, ainsi pour nous se déchirera le voile qui nous cachait le véritable visage de Dieu qui ne peut être connu qu’à travers le Crucifié. Et avec lui nous pourrons ressusciter ! 

Mr Alain Gélinas

7 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Ce temps de confinement peut être vécu dans la tristesse dans l’anxiété, voir même dans le désespoir. C’est là une façon de le regarder. Mais il y a une autre manière de vivre ce temps, du confinement nécessaire en raison du (covid -19). C’est dans l’Esperance qui nous amène à regarder l’avenir de façon positive, moi, c’est ce chemin que j’ai pris.
Ce temps de confinement devrait être une façon de regarder en profondeur le sens de notre vie sur le plan sociale et spirituel. Je crois que nous devons réapprendre à se contenter de l’essentiel pour être heureux. Sur le chemin de St Jaques de Compostel en Espagne, les pèlerins ont avec eux dans leur sac à dos seulement, ce qui est essentiel et indispensable pour la route. Évidemment, ils doivent s’arrêter pour boire et manger. Ils apprennent à découvrir, dans le parcourt de leur vie.

Vous et moi qui sommes Chrétiens, nous avons à profiter de ce temps de confinement pour regarder en profondeur notre vie spirituelle, notre vie de prière, de pénitence et de charité. Mercredi des cendres le premier jour du carême, Jésus nous dit dans l’évangile de Saint Matthieu la manière de faire pénitence, de prier, de faire l’aumône et de Jeuner pour plaire à Dieu :

             MT. 6:1-4 :  Afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

             Mt. 6:5-6 : Mais toi, quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est dans ce lieu secret; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra publiquement.             

Mt. 6:16-18 : Quand tu fais l’aumône Jésus disait à ses disciples :
 Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;

ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes
quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra.

             En cette semaine sainte qui est déjà commencée, nous sommes invités à suivre Jésus sur le chemin de la croix et à vivre les évènements de la passion du Seigneur dans notre confinement à la maison. Puisque nous de pouvons pas célébrer les jours saints et la pâque du

Seigneur dans nos Églises toujours en raison du covid-19 tout rassemblement est interdits et par le fait même nos lieux de culte sont fermés. Oui, nous pouvons à la maison nous tourner vers celui qui est mort pour nous sur la croix le Vendredi Saint et qui est ressuscité le matin de Pâques.
Surtout, à ne pas oublier dans ce temps d’épreuve qui touche le monde entier que le Christ est bien vivant et qu’il fait route avec nous comme il l’a fait avec les disciples d’Émaüs ; à nous comme eux de le découvrir par les signes qu’il met sur notre route. C’est bien souvent dans la prière et le silence que nous découvrons ce Christ bien vivant au milieu de nous.

Le Christ ressuscité est notre plus belle espérance il est pour nous de joie et de paix et il est ce Dieu de la vie.

Le psaume 26:13 14 vient réaffermir notre espérance :

« J’en suis sûr je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants, sois fort et prends courage, espère le Seigneur. »

…………….. Surtout en ce temps de confinement……………Quelles sont belles ces paroles ! et pleines d’espérances. Elles sont pour nous sources de de courage et de paix Elles nous aideront certainement à éloigner de nous le désespoir et l’anxiété. Oui soyons courageux et gardons l’espérance. Je termine avec cette petite phrase qu’est le thème pour les pèlerins qui ont fait dans le passé récent un pèlerinage en Gaspésie avec Spiritours :

                      « Au-delà des nuages le soleil brille »

Disons-nous, au-delà de notre confinement (nuages) le soleil brille (I.E. Dieu est là). Revenons à l’essentiel, entrons à l’intérieur de nous et découvrons le Ressuscité qui est à l’œuvre dans nos vies et croyons en dieu qui nous accompagne dans notre confinement.

Réflexion de l’abbé Victorien Levesque ptre.

- Publié par Anne Godbout

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