Archives de mai 2020

La vie n’est pas linéaire. Elle est fluctuante et semée d’embuches : détresse et malheur. Mais, aussi joies, bonheurs et espoir se côtoient et s’alternent. Heureusement.

L’histoire humaine est jalonnée de catastrophes de tout genre. Celle de Covid-19 que nous subissons actuellement nous incite à la réflexion et à la méditation afin de revoir et repenser nos modes de vie et les systèmes de valeurs qu’ils véhiculent quant à nos rapports à tous les domaines de nos activités : l’organisation sociale, l’éducation, l’éthique, l’environnement, l’économie, entre autres.

La pandémie COVID-19 nous rappelle notre fragilité et notre vulnérabilité, mais surtout notre responsabilité. En ces moments difficiles, il est de notre devoir de faire appel à notre conscience, à la sagesse et s’élever spirituellement afin de promouvoir une éthique qui reflète nos valeurs humaines dépourvues de séquelles de notre incohérence vis-à-vis de l’harmonie de la nature. Transgresser les lois de la nature par nos actions artificielles pour la ‘’maîtriser’’, c’est risquer son contrecoup. C’est comme scier la branche sur laquelle on est assis. C’est qu’en fin de compte c’est trahir soi même. ‘’Les idées trahies se vengent’’ écrivait Malek Bennabi. Que faire ? Comment agir donc ?

Une discipline vielle-nouvelle commence à s’affirmer en sciences politiques.  Celle de : Politique et spiritualité.

Ghandi, figure de proue de la spiritualité était politiquement actif au sein du parti du congrès national indien. Il disait : « Je ne pouvais pas mener une vie religieuse à moins de m’associer à toute l’humanité et cela ne pouvait être accompli à moins que je prenne part à la vie politique ». 

On trouve la même perception dans la tradition amérindienne des nations iroquoises : ‘’La spiritualité est la haute forme de conscience politique’’ et  ‘’la conscience spirituelle est la forme la plus achevée de la politique’’[i].

Corinne McLaughlin[ii], auteur de  Spiritual Politics, écrivait   ‘’ (…) Nous serons de meilleurs agents du changement si nous réunissons ainsi la politique et la spiritualité. Un sondage récent a montré que 84% des américains pensaient que « le gouvernement serait meilleur si les lois étaient fondées sur les valeurs morales« .[iii]

En effet, c’est avec l‘engagement comme citoyen-croyant que nous pourrons introduire le changement nécessaire à concrétiser nos aspirations et, par conséquent, nous nous réaliser. Cependant, on ne peut opérer cette dynamique qu’en changeant notre intérieur. ‘’C’est que Dieu ne change point l’état des gens, que lorsque ces derniers changent ce qui est en eux-mêmes’’. Coran, 13, verset 11.

La spiritualité est certes intimement liée à la foi religieuse. Toutefois, elle n’est pas exclusivement religieuse. C’est une dimension de la nature humaine.  Elle est partie intégrante de notre personnalité et de notre identité. Une personne athée a une âme commet tout être humain et est donc pourvue d’une dimension spirituelle.  La spiritualité n’est pas non plus et ne peut être l’opium des peuples. Elle est leur conscience. Vivre sa dimension spirituelle n’est pas sombrer dans le mysticisme.  Mais, plutôt être en symbiose avec le rationnel et le spirituel.  ‘’L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête’’. Pascale Blaise.

L’après-pandémie

Rappelons-nous notre expérience humaine au lendemain de la catastrophe qu’était la seconde guerre mondiale. Plusieurs mouvements empreints d’humanisme ont vu le jour dont celui de citoyens du monde, plusieurs initiatives de bonne volonté comme la déclaration des droits humains de l’ONU. Les principes que comporte cette déclaration trouvent leur origine dans le discours du 6 janvier 1941 du président américain Franklin Roosevelt  sur les quatre libertés.  La liberté d’expression la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin, la liberté de vivre à l’abri de la peur. De nos jours, les  tweets présidentiels sont souvent aux antipodes des ces valeurs cardinaux.

Une certaine fraternité humaine s’était donc manifestée. Mais la guerre froide avait rapidement sapé toutes ces conceptions et ces rêves. Les grandes puissances ont succombé au consumérisme et à la géopolitique d’affrontement pour le contrôle des richesses et pour asseoir leur hégémonie sur les zones d’influence et sur les peuples.

L’après pandémie sera-t-il beaucoup plus un changement imposé par la force des choses que judicieusement pensé ? Sera-t-il conçu en harmonie avec nos aspirations spirituelles et socio-économiques ou bien continuera, sous de nouvelles formes, mais essentiellement comme auparavant, axée sur la course effrénée pour assouvir les instincts du profit matérialiste au détriment du bien-être harmonieux du genre humain ?

Des projets de sociétés sont, ces derniers temps l’objet de réflexion et commence à émerger. Comme celui des sociétés du savoir que prône l’UNESCO et œuvre à construire. Celles-ci ‘’doivent se fonder sur quatre piliers : la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous’’. L’UNESCO collabore avec  d‘autres institutions et organismes comme le Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI) et le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).[iv] Quoi qu’il soit, le futur nous annonce déjà que le projet sociétal se fonde inéluctablement sur les technologies de l’information. Ce qui suscite nos interrogations quant au sort de nos libertés individuelles et collectives.  Elles sont relativement inaliénables, seraient-elles absolument aliénées ou tout à fait inaliénables ?


[i] https://www.bio-scene.org/article/le-message-des-hau-de-no-sau-nee

[ii] Corinne McLaughlin est l’auteur de  Spiritual Politics. Elle est fondatrice et directrice exécutive du « Center for Visionary Leadership » qui propose des programmes éducatifs publics, une formation de leader fondée sur les principes spirituels et des services de consultants. Elle enseignait auparavant la politique à  American University et fut coordinatrice d’une commission pour le développement durable sous le mandat du président Clinton.     

[iii] https://www.cicns.net/Politique_Spiritualite_Reunies.htm

[iv] https://fr.unesco.org/themes/construire-soci%C3%A9t%C3%A9s-du-savoir

ANNEXE

Dans son article sur le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada paru dans la revue Québec Science du 03 octobre 2019, Marine Corniou cite le directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS) qui selon lui « Un virus respiratoire grave serait une catastrophe. Le monde n’est pas prêt à se défendre contre une telle maladie. (…) La sécurité sanitaire mondiale est largement sous-financée. Il faut réparer le toit avant que la pluie tombe, a-t-il martelé. Il faut aussi lutter contre la guerre, la pauvreté, le manque d’infrastructures dans les pays les plus à risque», confiait, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

L’OMS a ajouté en 2018 la « maladie X » sur sa liste des grandes menaces pour la santé mondiale, qui serait provoquée par un agent « potentiellement épidémique encore inconnu. » L’objectif : inciter la communauté internationale à se préparer à tous les scénarios. Probablement à un virus transmis par voie respiratoire, à en croire un rapport du Johns Hopkins Center for Health Security sorti fin 2018. Une sorte de grippe. 

https://www.centerforhealthsecurity.org/our-work/pubs_archive/pubs-pdfs/2018/180510-pandemic-pathogens-report.pdf

Mohamed Bounegta

29 mai 2020 - Publié par Anne Godbout

Un grand merci pour continuer de nous garder informés et de nous soutenir, nous de la famille élargie de Spiritours. C’est un baume pour l’âme que de se savoir partie intégrante même à distance, mais toujours si près du cœur. 

J’ai tellement de précieux souvenirs imprégnés au fond du cœur et de mon âme, que ce soit en Terre Sainte avec Robert Lebel, au Costa Rica avec Frédéric Lenoir ou en Provence avec Christine Angelard, que je ne peux que faire monter un chant de gratitude chaque fois que ces doux souvenirs remontent à la surface.  Chacun de ces voyages au loin m’ont amené toujours plus près de mon être profond et m’ont fait cheminer comme aucune autre école de croissance personnelle n’aurait pu le faire. C’est toujours avec le recul du temps que l’on  peut apprécier à sa plus juste valeur les bienfaits que l’âme reconnaît avoir reçus et accueillis en toute gratuité. 

Je parle encore aujourd’hui de ces voyages et de mes expériences enrichissantes comme si c’était hier, tellement la joie ressentie sur chacun des chemins empruntés est toujours aussi nourrissante… comme si elle avait été incrustée jusque dans les cellules du corps aussi bien que dans ma mémoire émotionnelle. Et je sais que rien, ni personne  ne pourra jamais me les enlever ou les faire disparaître.  Les événements vécus en compagnie de d’autres pèlerines et pèlerins avaient un goût d’infini, d’ éternité qui ont comblé l’âme en quête d’ absolu… Ce sont ces moments bénis qui m’aident aujourd’hui, dans ces temps plus difficiles, à continuer la route portant ma petite lampe allumée pour les compagnes et compagnons de route de mon milieu et de mon quotidien…que je les rejoigne dans la contemplation par la prière ou encore dans l’action par des  échanges virtuels ou par les autres moyens de communication à ma disposition. Même au loin, je n’ai jamais été aussi près de mes proches, famille et amis. 

Une marche solitaire à la Grotte de Sainte Marie-Madeleine, comme une longue montée vers l’Absolu dans une forêt enchanteresse…


…qui parle et ne cesse d émerveiller l âme à l’écoute…

En terme de conclusion, je veux tout simplement réitérer ma plus vive reconnaissance à toi et à toute votre équipe pour nous avoir permis de vivre de tels moments de plénitude, de béatitude…et de garder la communion des cœurs.

Soyez bénis abondamment  vous  de  la grande famille Spiritours où que vous soyez aux quatre coins de la planète!

Dans l’espérance de pouvoir continuer la route au loin et au fond de moi, en la compagnie  bienveillante de Spiritours, je vous serre très fort sur mon cœur dans l’attente, un jour, de vous ouvrir les  bras…*

De tout coeur.

Michelle Michael

25 mai 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Introduction.

La belle citation, préfiguration littéraire de Jean de la Fontaine, dans Les animaux malades de la peste: ʺ ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient atteints ‘’, peut être une illustration parfaite dans le comportement de plus d’un en cette période de la pandémie Covid-19 qui met tout le monde en déroute. Oui,  jeunes et vieux, petits et grands, noirs et blancs, riches et pauvres…. ,tous sommes atteints par une grande  psychose de peur devant ce virus dont les effets, à coût sur, sont dévastateurs.

L’irruption du Covid-19, ce microorganisme infiniment petit de moins de 1mm de diamètre, facilement maîtrisable avec la chaleur et l’alcool à plus de 70 %, dans l’organisme humain réduit et détruit le système de défense possible de l’armée naturelle du corps humain causant ainsi des pathologies graves susceptibles de conduire à la mort.

Mais hélas ! à défaut  d’ une réponse médicale ( moyens curatifs et préventifs) convaincante à l’ heure qu’ il est, de l’ expertise adéquate pour comprendre et saisir exactement  la subtilité de ce  virus  et surtout l’ absence déconcertante de l’ équipement pour y faire face ; la lutte contre le covid-19 ouvre une autre grande brèche  sur des questions existentielles du genre: « où est Dieu pour dédouaner le monde de cette calamité ? » ;« pourquoi peut-il permettre une résurgence d’une telle pandémie qui cause du fil à retordre à l’existence humaine ? ». Certaines langues fondamentalistes vont carrément jusqu’ à la confirmation d’un châtiment divin.

  1. L’amour inconditionnel de Dieu.

Au regard  du récit de la création du monde, le livre de la Genèse (Gn 1,1-2,4) ne nous présente t- il pas une belle image de Dieu qui, non seulement est Père créateur mais aussi celui qui fait toute chose belle pour le plein épanouissement et la bonne réalisation de l’homme ?

Alors cette question existentielle « où est Dieu ? » ou « où est son amour ? » dans cette situation déconcertante que traverse le monde, nous renvoie explicitement au terme de responsabilité consciente de l’homme quant à la gestion du monde lui ayant été confiée, pour l’harmonie et le bon fonctionnement de ce dernier. D’ailleurs, une bonne lecture du récit biblique de la création laisse entrevoir la distinction entre l’homme et les autres créatures. En effet, la différence  est  mise en évidence par le fait que seule sa création est le fruit d’une décision spéciale de la part de Dieu et d’une délibération établissant   un lien particulier et spécifique avec le Créateur : « Faisons l’homme  à notre image, selon notre ressemblance. »(Gn 2, 26)

            A ce sujet, l’anthropologie chrétienne, parmi les repères étiques qu’elle propose, voit en l’homme le « gérant de la création » et partant, « co-créateur ». Au sens fort du terme, l’homme est investi d’une mission et d’un pouvoir  sur cette planète, voire sur l’immensité   du monde visible pour faire toute chose belle pour l’avancement d’une  humanité  meilleure. Certainement, ce refrain du psaume 8 : «  O Seigneur notre Dieu qu’il est grand ton nom par toute la terre » ; cet élan du cœur exprimant la bonacité de Dieu n’a d’autre objectif que celui de faire entendre la préséance de l’amour de Dieu pour l’éternité.

 Toutes tentatives de solutions pour résorber, dans le temps, cette pandémie de covid-19 doivent être vues comme atouts nécessaires qui entrent dans les prérogatives légitimes de l’homme d’ être co-créateur du monde et non comme, la résultante d’ une incapacité alarmante à porter une solution urgente à un problème pressant. Pour cela, entre dans ce même registre ,faits et gestes, attention soutenues à l’ endroit de ceux qui portent le virus et de ceux qui se dépensent pour trouver des voies de solutions, encouragement pour ne pas tomber au désespoir et au fatalisme, la compassion,  la chaîne de solidarité en sachant que quiconque peut éviter ce virus mais tout le monde peut le contracter, la collaboration dans l’ échelle planétaire de tous ceux qui ont compris que l’ homme a reçu de Dieu la mission d’ être acteur  actif et, cela d’ une manière désintéressée pour le renouvellement incessant de la création et non, un spectateur qui subirait les aléas de l’ histoire.

Il est ici question d’une interpellation de taille qui rappelle à l’homme qu’il est tenu à rentrer dans sa vocation première  évitant tout égarement qui porterait préjudice à l’œuvre même de la création. Pour cela, il lui faut une éthique morale rigoureuse dans ses investigations techniques macroscopiques et surtout microscopiques tout en sachant que le primat de la vie à sauvegarder, à tout prix, n’a pas de commune mesure.

Pour le cas d’espèce, s’agissant de Covid-19, n’est-t-il pas permis de croire que l’homme est allé plus loin dans l’investigation de la nature, toute belle créée par Dieu, en manipulant la base génétique fondamentale, susceptible de l’harmonie vitale, jusqu’ à produire quelque chose que lui-même n’arrive pas à maitriser ? Ainsi, avouons-le, la recherche de la maîtrise du monde de l’infiniment petit (monde microscopique) doit amener l’homme à s’ouvrir et à comprendre celui qui est l’infiniment grand, maître et auteur de ce qui est infiniment petit sous réserve de  corriger ce qui est incorrigible.

On peut alors comprendre Lambert Nieme, citant H. Jonas, lorsqu’il constate qu’avec « la technique moderne, on assiste à deux grandes mutations : la transformation de l’agir humain et le fait que même  l’homme devient l’objet de la technique. Celle-ci ne porte plus exclusivement sur le réel extrahumain mais va jusqu’à affecter l’existence au niveau même de sa constitution substantielle »[1] .

Venons-en ici au concept de la liberté. Dieu concède à l’homme dès l’origine une richesse inaliénable qu’est la faculté de jouir de sa liberté. Mais il s’agit d’une liberté responsable qui ne cherche pas, avant toute chose, à assouvir ses rêves les plus fous mais au contraire, à  rechercher la réalisation de ce qui peut contribuer au dessein voulu de Dieu en faveur de l’humanité. Qui plus est, argumente André Lomboloka, « la vrai liberté est la capacité de prendre position en face de l’appel de Dieu en vertu d’une participation à la liberté divine, source de celle de l’homme. Dieu est libre, l’homme l’est aussi. Sa liberté est un don qu’il  reçoit de Dieu par le Christ »[2]. C’est en lui que s’accomplit la loi ». (Rm 10, 4 ; Gal 5,1).

Par contre la liberté ne signifie pas libertinage. En effet, au dire de Jean-Paul II,  une  « conception pervertie de la liberté »[3] favorise la « culture de la mort »[4]. Raison pour laquelle, tout en concédant la liberté à l’homme, Dieu prévient aussi le danger possible pour ne pas sortir du cadre du bonheur et de l’épanouissement: « tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance car le jour où tu en mangeras tu devras mourir » (Gn 3, 16). 

Ainsi, sonna le glas qui doit résonner à temps et à contre temps de notre  existence et, bien plus  en ce moment difficile de la pandémie Covid-19 afin d’user de notre liberté dans le sens de poser des actes responsables et réfléchis qui favorisent la protection et le maintien de la vie. Une liberté qui ne démotive  pas  mais plutôt celle qui tient au respect strict de la valeur et de l’inviolabilité de la vie humaine.

De ce fait, la soif effrénée du développement pris dans son sens de la création du bien- être ne soustrait, en aucun cas, l’homme à son devoir moral de responsabilité à témoigner les uns les autres pour faire barrière à ce fléau planétaire. Nous pouvons également faire mention à toutes les innovations techniques modernes qui portent le souci de résoudre le problème de la productivité abondante, comme le cas des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui, sans peur d’être contredit, causent des dégâts aussi dangereux à l’échelle planétaire.

La question de fond serait alors celle de savoir : « quel est le seuil du tolérable possible à ne pas dépasser pour ne pas se retrouver face à des écueils qui nous portent à remettre en cause la présence et l’amour de Dieu au milieu de nos souffrances ? ».Ceci étant, toute attitude de se défaire du filagramme de la considération de l’homme par Dieu(ne craint pas, tu as du prix à mes yeux, Es 43,1) ouvre le champ à une attitude de fatalisme qui désarmerait l’homme de tous ses atouts de confiance. Confiance en soi (capable de raisonner, d’accepter sa condition et d’assumer en responsable ses actes et de chercher la solution dans la bonne direction), confiance par rapport aux autres (les autres m’aident à comprendre ce que je suis réellement pour la prise des décisions utiles dans la vie) et surtout la confiance en Dieu (toujours présent au rendez-vous de notre vie en nous proposant de bonnes solutions par le biais de notre conscience).

D’ailleurs, un aperçu historique de l’évolution du monde ne nous montre t-il pas que Dieu est toujours présent et chemine avec l’homme dans ses joies et dans ses peines ? Ne crains pas tu as du prix à mes yeux  (Is 43, 1), (Lumen Gentium nº 1) ou « je serai avec vous jusqu’à la fin du temps » (Is 41,10). Combien n’y a-t-il pas eu des pandémies redoutables dans ce monde avec effets dévastateurs comme en témoignent ces chiffres ?

  1. 1320 : épidémie de la peste noire avec conséquence lourde en perte en vie humaine ;
  2. 1520 : épidémie de la variole, entre 2,5 à 3 millions de morts ;
  3. 1620 : une étrange maladie a décimé une grande partie ;
  4. 1720 : la peste de Marseille entre 30000 à 40000 morts sur une population de 90000 habitants ;
  5. 1820 : le cholera avec une dizaine de milliers de morts ;
  6. 1920 : la peste pneumonique ou grippe espagnole. Environ 1000000 de morts ;
  7. 2020 : covid-19, avec en ce jour environ 500000cas des décès selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Eu égard à cette statistique macabre, il y a lieu de se lever et de clamer haut et fort, comme le psalmiste : Ton amour Seigneur est sur nous comme notre espérance est en toi ; car de toutes les pandémies aucune  n’a déjà eu le dessus sur l’œuvre de la création, fruit de l’amour et de la main puissante de Dieu.

Et c’est ici de s’interroger sur la bonne attitude qui caractériserait notre agir afin de lutter ensemble contre cette pandémie mondiale. Ainsi, au-delà de tous les moyens matériels possibles (sanitaires, médicaux, techniques, financiers), de l’ impératif de responsabilité ( toujours être conscient que la contamination des autres peut passer par moi, d’où ma contribution de lui barrer la route) et de devoir de solidarité ( penser au bien des autres autant qu’à moi-même) ; Dieu dans son amour a infusé dans chacun de nous une arme pouvant aider à assumer, à sublimer et à lutter avec confiance afin de sortir la tête haute face à cette pandémie.

En ce temps de crise sanitaire, l’exemple de l’expérience de la vie relationnelle de Jésus avec son Père peut nous être bénéfique pour trouver les moyens nécessaires dans le méandre de cette lutte. Au travers de sa passion, Jésus nous enseigne la meilleure manière de lutter contre tout ce qui peut nous amener à réduire en nous la plénitude de la vie reçue gratuitement de Dieu. Et le maître-mot sera toujours la « confiance ».


[1]NIEME, L.,Fondements de l’impératif d’exister de l’humanité, France, Editions Persée, 2016, p.17

[2]LOMBOLOKA. A., Evangelium Vitae : une culture chrétienne de la vie, in Kola Info,  Revue de l’Equipe Missionnaire  pour l’Evangélisation, Pax Christi, Bièvre, Belgique, 2001, pp.45-60.

[3]Evangelium Vitae, n° 18.


  1. La confiance ne déçoit pas. (Ps. 13. 6)

En exprimant sa confiance en son père, Jésus à lutter jusqu’au prix de sa vie pour que Satan(le mal) ne prenne pas le dessus sur lui.                            Etant une vertu c’est-à-dire ,une aptitude qui concède en nous la capacité d’accomplir ce qui est bien en agissant d’une manière digne devant Dieu, la confiance réduit les limites du doute et d’incertitude pour s’ouvrir à nous-mêmes, aux autres et surtout à Dieu avec sincérité. Raison pour laquelle, la confiance de Jésus l’a conduit sur un chemin de sacrifice réalisé avec amour dans le seul souci de ne pas donner raison à ses détracteurs. Pour illustration: 

  1. Sa tentation par trois fois  au désert (Lc 4,1-13), Jésus va en sortir victorieux au nom de sa confiance toute placée en son père (Jésus lui répondu : « il est dit : tu ne mettras pas à l’épreuve le seigneur ton Dieu » Lc 4,12) ;
  2. Sa trahison par l’un de ses apôtres, certainement qui avait sa confiance parce que gestionnaire de la bourse commune (Mc 14,10-11) ;
  3. Son reniement par celui-là qui solennellement avait reçu de lui la charge de conduire la barque après lui et solennellement avait formulé les vœux de ne pas le trahir (Mc14, 29) ;
  4. Son abandon par tous ceux-là qui ont bénéficié de ses enseignements nouveaux qui ouvrent à la grâce et au salut en scandant : crucifiez-le ! (Mc 15,13) ;
  5. Sa mort sur la croix (Mc 15,34).

Au regard de cette expérience de Jésus, ce qui est déterminant à relever, pouvant soutenir l’expérience de tous ceux qui souffrent suite au Covid-19 , ce n’est pas, sans  nul doute, la souffrance qu’il avait endurée dans son corps et dans son âme mais plus sa capacité de se maintenir ferme dans la confiance totale en son père afin de ne pas annuler toute l’espérance d’Israël d’avoir un Dieu fidèle à son amour (Ps 117,5-7).

Notre acte de foi, ne nous rassure t-il pas que : « Dieu est la vérité même qui ne peut ni se tromper ni nous tromper » ? Si Dieu est toujours fidèle et, en aucun cas, il peut nous tromper ; c’est même la raison d’être de notre vie. Souffrance ou pas, richesse ou pas, maladie ou pas… l’essentiel est de nous savoir aimer jusqu’au moment le plus sombre de notre vie. Car, s’il n’y a plus confiance dans notre vie pourquoi vivons-nous alors ?

Les contingences de la vie étant, Covid-19 par exemple, ne peuvent pas entrainer une limitation de cette richesse de confiance que Dieu dans son amour a infusé en nous. Lui qui a toujours le dernier mot en faveur de tous ceux qui souffrent (Jb 19,25-27). Le manque de confiance, à tout le niveau de la vie, ouvre la porte à une série des frustrations intérieures qui conduisent au désespoir et partant,  à une négation même de la vie comme un don gratuit et merveilleux de Dieu. Plutôt que de perdre espoir, dans la souffrance, l’homme doit se confier au Seigneur ; une occasion de découvrir une de ses vocations humaines, celle de participer à la souffrance rédemptrice du Christ, laquelle souffrance a racheté toutes les souffrances humaines.

Dans sa souveraine majesté, Dieu étant  Dieu, personne ne peut le faire exister selon son entendement. Mais la dimension de notre confiance en lui et de notre espérance en lui offre des horizons nouveaux pour recevoir, par le biais de la foi, la quiétude possible indispensable pour une vie accomplie.

Il est à noter que, la confiance dont il est question, n’est pas à confondre avec l’optimisme qui, du reste, relève de l’espoir ; car l’espoir reposant sur une analyse humaine peut se tromper. Ce faisant, au milieu de cette turpitude donnant  l’impression à l’arrêt du monde, nous sommes tenus à avoir confiance en soi.  De la sorte, notre confiance donnera  une voie d’accès à celle en Dieu rendue possible par une vie d’intimité profonde.

Ce qui nous laisse comprendre que la vraie guérison qui procure la joie et la quiétude est avant tout une guérison intérieure (Ap 3,20). On peut bien souffrir dans son corps mais tout en restant serein et épanouit dans sa vie, et dédouané de la peur qui limiterait toutes les possibilités d’une guérison extérieure (physique). C’est là que Dieu se réalise comme Père bon et aimant (Is 65,19-20) ; cet accompagnateur silencieux ou ce médecin invisible qui souffre avec le souffrant, qui compatit, qui chemine et qui guérit dans un silence silencieux. Et, qui lui ouvre son cœur, le verra présent toujours au rendez-vous.

  1. Conclusion.

Dans quelle ligne s’inscrit notre exposé face aux défis de la situation sanitaire de l’heure ?

  • Conscient de la gravité de la  pandémie du covid-19 avec ses conséquences très fâcheuses qui secoue le monde, il est plus qu’urgent que chacun selon ses capacités puisse être capable de justifier sa confiance en Dieu et son espérance de voir vaincu cette pandémie devant ceux qui nous en demandent avec raison.

En d’autre registre de langage, ne nous laissons pas aller au découragement et ne renonçons pas à l’espérance.

  • D’où, l’impératif de la responsabilité et le devoir de solidarité incombent à nous tous si nous voulons dans un bref avenir redorer la joie de vivre dans les cinq coins du monde et d’affirmer avec certitude : Seigneur ton amour est sur nous comme notre espérance est en toi…

Père Jean-Bosco Kiabilua Landana, Omi

20 mai 2020 - Publié par Anne Godbout

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