25 juillet : fête de saint Jacques apôtre

Cette année –2020—la célébration de la fête de cet apôtre tombe un samedi ce qui fera que les adeptes de la messe dominicale en ce jour seront privés. Ce rappel de ce que nous savons de la vie de ce 1e évêque de Jérusalem nous manquera et –pourquoi pas… — de ce qu’il nous permet de découvrir sur une attitude face à la pandémie que nous vivons (a) (b) [1][i]. Commençons par quelques éléments de la vie de l’apôtre recruté par Jésus.

Saint Jacques apôtre et l’Espagne:

Rappelons au départ que l’apôtre est nommé «Le Majeur» —pour bien le distinguer de Jacques le Mineur— «Il était, comme Jean, fils du pêcheur Zébédée. «Tous les trois réparaient leurs filets au bord du lac de Tibériade, quand Jésus et dit aux deux frères : «Suivez-moi» Mc 1,19). Ils assistèrent, l’un et l’autre, *à la guérison de la belle-mère de saint Pierre (Mc 5, 37), à la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5, 41) et à la transfiguration (Mc 9, 2). Chez Mathieu, (20, 20-28), c’est la mère des fils de Zébédée qui demande, un jour, à Jésus : «Ordonne –lui dit-elle—que dans ton royaume, mes deux fils que voici siègent l’un à droite et l’autre à gauche» … rien de moins! À Getsémani, bien que Jésus leur eut recommandé de «veiller et de prier», ils dormaient d’un bon somme alors que Jésus était en agonie, «l’âme triste jusqu’à la mort»

(Mc 14,37)       

*«Jacques apparaît comme un homme passionné, audacieux, ambitieux et décidé. Jésus donnera aux deux frères le surnom de «Boanergès, fils du Tonnerre». (Mc 3,17). De nombreux épisodes des évangiles révèlent ce caractère fougueux» (selon pèlerin.com.).

Si nous écartons la possibilité que Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –question difficile à prouver, entre autre compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors évêque de Jérusalem…! On sait que Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean (Actes 12,2).     

*Et alors… –peut-on vivre la pandémie sans puiser dans le témoignage de 1e chrétiens (ou de la Parole de Dieu) de quoi nous inspirer et nous stimuler…? —comment la présentation de ce patron des espagnols peut-elle éclairer ce que nous vivons…?

Saint Jacques a dû affronter le mal de la vague de la persécution des chrétiens auquel fut soumise la communauté naissante et il l’apôtre y a laissé sa peau. Comme évêque, sa mission l’a obligé : *à alerter, *à éclairer, *à soutenir, *à rappeler le modèle du chrétien, Jésus qui a marché au martyr grâce à la force de l’Esprit qui l’animait.

Le Pasteur est probablement intervenu dans les assemblées dominicales pour  inviter à la prière du soutien. –les premiers chrétiens n’ont-ils pas eu même à fuir …–  avec les moyens à sa disposition, l’apôtre est sûrement intervenu. Aujourd’hui, il serait probablement intervenu d’une façon virtuelle ou autres

Le pape François n’a pas manqué de souligner le courage de prêtres qui ont risqué gros en franchissant les barrières… Téléjournal a  montré des prêtres italiens accueillants des cercueils dans des lieux pour une bénédiction avant l’inhumation obligatoire.   

*Mais revenons au «corps» de l’apôtre.  Quand nous abordons l’après décapitation de cet apôtre qui fut le 1e évêque de Jérusalem, nous sommes soumis à un exercice de «sélection» entre la légende et la découverte d’une réalité probable.

Si nous écartons la possibilité que saint Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –il est difficile de prouver, entre autre, compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors qu’il fut évêque de Jérusalem…! On doit s’en tenir au fait qu’il resta à Jérusalem –(mais, voir plus loin > une autre version ©) et d’après les Actes des Apôtres 12, 2 qu’Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean» vers l’an 44.

C’est le sort de ses restes qui a fait couler beaucoup d’encre tant chez les historiens que chez les poètes qui s’y intéressent   présentement. «Pendant huit siècles, on plaça son tombeau en Palestine ou en Égypte. –affirme un auteur–. Les Espagnols assurèrent qu’il était chez eux, à Compostelle, en Galicie». Pour donner suite à ce récit, selon une tradition, les restes de l’apôtre auraient été mis sur un bateau de la Palestine et apportés en Espagne. De toute façon, ses restes ne sont plus vénérés qu’à Compostelle qui devint, après Jérusalem et Rome, le pèlerinage le plus fréquenté de la chrétienté.

(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.   Une urne –contenue dans un sarcophage richement décorée de scul-ptures de figures – est située dans la crypte qui garde les reliques de St-Jacques. –(personnellement, en 1985, j’ai eu le privilège de célébrer seul

sur son tombeau)–.

St-Jacques de Compostelle; dans la géographie du nord de l’Espagne, est d’abord une commune située dans la province de Corogne (Coruna), en communauté autonome de Galicie. Elle comptait 96.400 h. en 2018. Elle est située à 260 mètres d’altitude –(nous sommes à 605 km au nord-ouest de Madrid)–.

Elle fait partie d’un ancien royaume La Galicie que les Rois Catholiques –Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon ont réunie en 1492.

«Comme Venise, –la Galicie—ne possède pas d’Antiquité … Elle est passée de la préhistoire et de l’anonymat… jusqu’à l’apparition de la découverte du tombeau  –on parle d’abord de légende… d’«inven-tion» du tombeau – jusqu’aux années 812-814 (voir La chronique de Turpin et le livre des miracles). Mais qu’en est-il vraiment ?

© Toutefois, un document affirme que : Jacobus «après l’accomplis-sement de sa mission évangélique à travers les terres ibériques, mourrait décapité à Jérusalem –année 44–; ses dépouilles embaumées furent transportées depuis le port de Joppe à Oria-Flavia et la découverte de la tombe au début du IXe siècle, serait à la source de la fondation de Santiago de Compostela…» (Tout Santiago, Xavier Casta Clavell, ed. Escudo de oro s.a. 1980, p.2.

Après plusieurs péripéties, on arrive, en 866, où Alphonse III le Grand fait de ce lieu un évêché; une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.

«Au IXe s., selon un récit relaté dans la Concordia de Antealtares écrite vers 1077 vivait un ermite nommé Pelayo (Pélage) qui aurait reçu une révélation du lieu du tombeau de saint Jacques par des lumières surnaturelles. Alerté, l’évêque du lieu Théodomir, aurait décidé trois jours de veille et de prières et ordonné des fouilles au cours desquelles on aurait trouvé le «saint corps».

L’image d’un saint cavalier –vous observerez le saint apôtre monté sur son cheval blanc, (*) tuant les infidèles (les Maures) est très importantes dans la légende autour du corps du saint.

Depuis Jean-Paul II, on parle plus de mémorial de saint Jacques, sans utiliser le mot «relique»; Benoît XVI parlera d’un lieu «lié à la mémoire de saint Jacques». C’est alors que nous comprenons mieux les hésitations.

La langue : le galicien : On compte 3.000.000 de locuteurs de la langue officielle de la communauté autonome de Galicie, au côté du castillan, commun à toute l’Espagne. –Le Galicien connut :Os seculos escuros de 1580 à 1640 pendant l’unification de la péninsule ibérique sous les Rois Catholiques. Tout comme le portugais aux consonances identiques; on parle de galaïco-portugais, –il fut même une langue de culture; ainsi, le roi de Castille Alphonso X, Le Sage, aurait rédigé, les Cantigas de Santa Maria –il fut même une langue de culture. Le galicien provient du latin. –À Rome, le tin classique s’était transformé –et déformé—en latin vulgaire apporté par les conquérants romains au XIIe siècle de l’ère chrétienne. Plus on s’éloigne de la Grande Capitale, Rome, plus les divergences s’accentuent et donnent naissance aux langues dérivées du latin parlé de nos jours : principalement: français, espagnol, portugais, italien, roumain, … ainsi que les dérivées dont le galicien (*).

Étymologie : Le mot «Stantiago» est le résultat de la contraction latine Santi Jacobi (littéralement San Jacobo en espagnol), qui devient San Yago en vieux castillan, avant que ceux-ci ne forme qu’un seul prénom.

(*) personnellement –et je le dis sans aucune prétention! –j’ai fait une licence en philologie romane à l’Université de Barcelone. C’est passionnant d’étudier l’évolution des langues parlées aujourd’hui à partir de la transformation du latin vulgaire.    

             .  

+ Pour les pèlerins suivra un (Pèlerinage de St-Jacques de Compostelle.

Les trajets diversifiés… «démonstration de ferveur, de d’hospitalité, d’art et de culture», qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelle du Vieux Continuent.  

*«Instauré après la découverte des reliques de Jacques de Zébébée  au début du IXe s, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIE s un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale». C’est après la prise de Grenade en 1492 que le pape Alexandre VI déclare officiellement St-Jacques de Compostelle lieu de pèlerinage avec Jérusalem et Rome.


(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.  


Abbé Jean Guy Paradis

8 h 00 min - Publié par Anne Godbout

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