« Aimons-nous les uns les autres »

(finaliste de notre concours 15ème anniversaire, Catégorie 2 : Comment un voyage de ressourcement avec Spiritours pourrait transformer ma vie?)

Je me nomme Mario D’Amour, homme d’affaire au parcours atypique, 57 ans. Je suis marié, père de 4 enfants et bien impliqué dans ma communauté. Je porte en mon cœur un pèlerinage en Italie depuis un bon moment. À différentes périodes de ma vie, trois saints italiens ont été pour moi des guides. Saint François d’Assise à travers le film : François et le chemin du Soleil, m’a converti.  Jean Bosco et Dominique Savio m’ont accompagné lors de mes études secondaires. Et mon guide des dernières années, Padre Pio m’a conduit sur le chemin du pardon et m’a ramené dans les pas du Seigneur. Ces saints ont été des témoins de ma vie chrétienne.

Pour débuter, je vous présente le bébé Mario, âgé que de six mois, ayant à son actif cinq opérations aux oreilles. Ma surdité s’est présentée avant que je prononce mes premiers mots. À la petite école, mon enseignante disait déjà à mes parents : « Votre enfant n’ira pas loin dans’vie! » Je me sentais déjà sur le banc des punitions alors que les autres enfants commençaient à peine à jouer. Dès lors, j’avais de la difficulté à me faire des amis. Personne ne me voulait dans son équipe, on me mettait à part. Pour faire ma place, j’ai utilisé mes poings, je suis devenu un petit gars violent. Mon histoire ne s’est pas adoucie rendu adolescent. Je me suis rendu de peine et de misère au secondaire. Les Pères salésiens m’ont accepté dans leur école privée de Sherbrooke. En secondaire deux, je devais rendre un travail de religion qui consistait à demander « Est-ce que Dieu existe aujourd’hui? » aux adultes de mon entourage. Voulant scorer un « non » en partant, je m’enligne sur le professeur de physique. Ce scientifique m’a sorti de mes patins, il m’a répondu un simple « oui ». Voyant que je ne suivais plus la partie, il m’explique : « aujourd’hui, après 15 ans dans le domaine des sciences, je découvre encore de nouvelles choses. Ce n’est sûrement pas un humain qui a créé la vie sur Terre avec toute sa beauté et sa complexité. » Deux ans plus tard, cet homme m’enseignait. Suite à un de ses cours, voyant que depuis un bon moment, la puck ne roulait pas pour moi, il me demande : « as-tu confiance en toi? » N’ayant pas de game à jouer, je réponds : « Pour être franc prof, non. Personne ne me fait confiance. Comment puis-je avoir confiance en moi? À la maison, même mon propre père n’a pas confiance en moi ». Ce professeur m’a pris sous son aile, à la manière de Jean Bosco. Ramasser les jeunes rejetés et leur redonner confiance. Il m’a suggéré une fin de semaine sur l’estime de soi. Ce fut pour moi tout un revirement. Mes notes ont augmenté de près de 40%. Moi qui patinais normalement dans les 60% j’ai réussi à me donner pour atteindre à la fin de mon secondaire une moyenne de 85%. « Sans affection pas de confiance. Sans confiance, pas d’éducation » enseignait Jean Bosco. J’ai été le Dominique Savio de ce professeur qui m’a relevé comme son fondateur a cru en les jeunes italiens de son temps.

Ce n’est pas un discours d’entraîneur bien préparé qui change une vie, c’est un geste simple et plein de charité qui conduit vers une conversion. Ma vie a subi toute une mise en échec lors de mon adolescence. À l’époque, je me cherchais et la définition que j’avais de mon existence a pris tout un sens lorsque j’ai lu Aristote. « Lorsqu’un être ne se sent pas aimé, il a besoin de se faire admirer. Si l’on n’est ni aimé ni admiré, c’est comme si l’on mourait. Si on vous méprise, a peur, vous rejette, ou ne vous regarde pas, alors c’est le vide, l’angoisse et la dépression. Si on n’est ni aimé, ni admiré pour ses forces de bien, on cherchera à être admiré pour ses forces de destruction. » Votre lecture vous a sûrement guidé sur le fait que j’ai joué au hockey dans ma vie. C’est là que le Seigneur m’a repêché par l’entremise d’un coéquipier avec qui je jouais au hockey sous la même couleur. Pour être clair, nous étions dans la même équipe. Celui-ci m’a demandé pardon. Demander pardon à un gars robuste… pour ne pas dire « goon » dans le jargon. Lors d’une pratique, nous nous étions bagarrés et ce, assez durement. Après la pratique, il me rejoint et, au lieu de terminer cet engagement, il vient me demander pardon et m’invite à voir le film : « François et le chemin du soleil ». Après une longue réflexion, j’ai accepté l’invitation et j’y suis allé. « Le jeune François d’Assise, âgé de 18 ans, hédoniste, part, revêtu de sa belle armure, pour défendre Assise. À son retour, épuisé et malade, François a changé : il s’ouvre à l’amour de Dieu à travers la nature et son prochain. En même temps, il découvre la misère, la souffrance, et les conditions misérables dans lesquelles vivent les ouvriers de son père. Il se révolte et redistribue toutes les richesses familiales. » Ce film a joué fort dans les coins de mon âme tant il m’a viré à l’envers. Je ne comprenais pas ce qui se passait en moi, mais je crois que le Christ m’a montré de quel Amour, il voulait que je joue. À la sortie du film, mon coéquipier m’amène dans un Café Chrétien au centre-ville de Sherbrooke. La chanson « Aimons-nous les uns les autres » qui y jouait a fini par briser mon masque au point que le dur laissait couler ses larmes. Cette chanson a été le fondement de ma conversion au Christ. Aujourd’hui, je ne joue plus au hockey, mais je suis encore ami avec ce coéquipier et cette chanson est gravée à jamais dans mon cœur. Ce fut mon deuxième enseignement d’un saint italien.

Dans les dernières années, après que je sois bien établi dans la vie et que j’ose me lancer dans la formation au diaconat. J’ai vécu une grande noirceur : ma foi fut très ébranlée. Qu’est-ce que je fais de ma foi? Je me lance dans le service du Seigneur et mes formateurs me sortent du programme. Je me sentais comme un joueur au ballotage, désavoué par sa propre équipe. Un troisième saint italien a alors sauté sur la glace en m’appelant à le connaître : Saint Padre Pio. Je me suis mis à faire des recherches intensives sur lui. Après de longues lectures sur ce grand Saint, Padre Pio qui a porté les plaies de Jésus dans ses mains, ses pieds et son côté pendant 50 ans, m’a enseigné que Dieu connait la souffrance. La façon dont ce prêtre célébrait la messe était tellement prenante, qu’on ne pouvait pas seulement y assister, on y participait. Padre Pio a rencontré des obstacles, des persécutions avec ses supérieurs, avec les évêques de sa région et même avec le pape de l’époque. Par trois fois le pape lui a interdit de dire la messe en public, lui prêtre ayant cela pour mission. Il a été enfermé des mois dans sa chambre. Il m’a enseigné l’obéissance, car il a toujours respecté ses supérieurs ecclésiastiques et leurs décisions. Pour résumer sa vie, un capucin nous met en garde : « il se pourrait que vous contractiez une maladie qui ne vous avait pas atteint, la maladie de l’amour. » Par ce saint j’ai redécouvert ma bonne nouvelle. Jésus peut nous guérir, lui qui est blessé, lui qui porte les marques de la croix. Thomas nous l’a confirmé, Jésus aujourd’hui porte encore les trous de ses plaies. Jésus connait nos blessures : dans son vécu, il a été ridiculisé, mal mené par les chefs religieux, trahi par un ami, humilié sur la croix, jugé comme un criminel. Aujourd’hui je porte plusieurs plaies dont l’une qui est proche du cœur, elle me fait souffrir : l’arrêt au diaconat. Ce troisième saint italien m’a guidé vers mon retour sur mes patins.

Les mots et la parole ont toujours été pour moi une barrière difficile que ces saints ont su traverser pour me rejoindre. Je suis un homme d’équipe, de contact humain, de proximité. Ce serait pour moi unique d’aller en leurs lieux saints, approfondir ma foi par leurs enseignements c’est les remercier dans leurs lieux de vie. Ces trois saints ont été témoins de mon parcours et je veux à mon tour être témoins de leurs accomplissements.

Mario D.

18 h 20 min - Publié par Anne Godbout

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