Kenya, l’appel de la nature…

La nature faunique du Kenya est aussi riche que l’imagination puisse le permettre. Certes, il y a les gros félins – « Attention au chat ! » me disait-il en prenant une marche ensemble dans la savane, il avait le sens de l’humour Sinkolio Mpoe – les hordes d’ongulés (gazelles, élans, gnous, zèbres, topis, etc.) les buffles qui n’ont pas le sens de l’humour, les hippopotames, les rhinos, les gracieuses girafes, les oh-très-présents éléphants et les imprenables singes. Et si l’on pouvait se passer de toute cette faune, le Kenya demeurerait le paradis des ornithologues en herbes.

Mais voilà, cette faune a aussi ses difficultés. L’assèchement pour un a vu les lacs (Naïvasha et Nakuru) baisser de quelques pieds en une seule année. Là où je prenais pirogue l’an dernier pour aller à Crescent Island, je pouvais marcher « sous » le quai cette année ; je fais 6pi 2po. Puis le sympathique guépard qui nous a boudé cette année ; semble-t-il qu’il y a un marché pour les parcs privés. Il nous est alors aisé de comprendre la difficulté éthique qu’aurait un gardien de parc devant 10 000$ pour un bébé guépard alors qu’il n’en fait que 500$ ou 600$ par année et qu’il a probablement toute une dépendance à la maison ; rien de prouvé, des rumeurs mais il n’y avait pas de guépard cette année dans les parcs. Puis, l’année dernière, cette levée de l’embargo sur la vente de l’ivoire en stock qui a redonné à certains l’espoir de fructifier rapidement – nécessité et survie obligent – ce qui a donné lieu au braconnage des cornes dans le nord : éléphants et rhinocéros encore une fois victimes du besoin essentiel de certains, de la cupidité des autres.

Les natures flamboyantes et luxuriantes du haut plateau et du bord de mer. La vie s’y tient bien, il y a richesse de par le fait qu’il y a de quoi travailler : agriculture, pêche et tourisme. Le haut-plateau est le garde-manger du pays. La nature sauvage des parcs (Masai Mara, Amboseli, Naïvasha et Crescent Island ou Nakuru) nous offre tous ces décors à nous ramener « Souvenirs d’Afrique » au petit écran. Quant au bord de mer, en plus de sa beauté toute naturelle, il offre des contrastes floridiens : vacanciers plus que bien « servis », les plaisirs de l’eau de l’apnée à la thalasso, des spectacles de soirées et une faune marine, s’y on s’y prête, qui ne manque pas de variété : oursins en abondance, adorables étoiles de mer, poissons multiformes et multicolores, murène… et le bienfait de l’eau salé.

Il s’y présente aussi une nature plus austère ; ce qui est la réalité des gens du nord depuis quelques années où la sécheresse handicape lourdement la vie de près de 10 millions de personnes. Et au nord, il y a ces frontières avec l’Éthiopie, le Soudan et la Somalie… tout ce qu’il faut pour se créer des tensions de faim et de pouvoir. Cette nature aride se retrouve également aux parcs, principalement à Amboseli qui, en Maa, langue des Masais, veut dire Lieu-sec, Terre-sèche. Il y a là, à Amboseli, souvent de ces petits tourbillons de poussières qui nous rappellent à notre immuable vérité de la poussière. Cet assèchement nous a un témoin incontournable qui nous le répète, année après année. En effet, « Mongo » ou la « Masse de Graisse » comme disent si bien les Masais, le Kilimandjaro pour nous, nous fait voir à quelle vitesse il perd de cette neige qui, jusqu’à tout récemment, était sa signature visuelle. Mais au-delà l’image, il y a cet impact écologique car ce sommet n’est rien de moins que la réserve d’eau pour la faune du parc ; plus de neige, plus de glace, plus de faune !

Puis, que dire de la nature humaine sinon qu’elle est courage, force, détermination, fierté, intelligence du cœur, rythme, vélocité et farniente tout à la fois, chaleur, autodétermination et… tensions. Le Kenya, malgré son indépendance de 1963, est à l’image de l’Afrique entière où les nomades de jadis se sont retrouvés encadrés de frontières qui ne leur sont pas toujours naturelles. Les différentes tribus de l’époque, Kikuyus, Luhyas, Merus et Embus, s’étaient alliées pour se libérer de la couronne d’Angleterre. Presque cinquante ans plus tard, ils en sont maintenant au grand besoin d’un dialogue interne ; ce dialogue a été exacerbé lors des dernières élections de décembre 2007. Le début 2008 aura été plus que difficile. Présentement, à l’échelle de sécurité, le Kenya se classe en plein milieu de la liste ; sécuritaire pour le tourisme et les tensions sont parfois palpables.

Heureusement, deux facteurs sont venus rapidement changer le cours des événements vers une paix interne plutôt qu’un affrontement ouvert qui aurait pu glisser vers une guerre civile. Le premier, c’est le souvenir au quotidien du prix payé de la liberté de 1963 ; la bande rouge du drapeau indique, à la mémoire, à la conscience, le sang qu’il avait alors fallu verser pour affirmer cette autodétermination. Le second, les femmes du pays. Ces femmes intelligentes, cultivées et articulées qui forcent les hommes au dialogue, qui questionnent sans relâche et qui désirent réaffirmer la grande famille kenyane. Et puis, non sans cran et humour, et dans l’élan premier de l’épouse même de l’autorité politique, elles ont ressortis une bonne vieille recette de l’antiquité grecque : « Pas de paix en la demeure, pas « d’intimité » au lit ! ». Rien de moins…

Il y a aussi ce motto connu du Kenya : Hakuna Matata !

« Y’a pas de problème ! »… la conciliation est peut-être ainsi plus aisée, qui sait !?!

Alors, pour nous, ici, qu’est-ce qu’il a tant à nous apporter ce Kenya ?

Rien et tout à la fois. Y aller, ou ne pas y aller, ne change rien si on ne prend pas le temps de regarder, d’entendre et de sentir… de ressentir même. Y aller, ou ne pas y aller, c’est l’école de vie qui s’ouvre ou se dérobe. Mais cette école de vie est toujours là devant soi. Parfois, reposé, je peux me laisser prendre à observer mon chez moi, ce chez moi qui m’entoure. Je peux aussi aller visiter ce chez moi qui se tapi à l’intérieur et qui, parfois, se fait si timide.

Parfois, par contre, il peut être utile de sortir de mes paramètres et d’aller voir ailleurs. Cet ailleurs Kenya, ou ces ailleurs de mon choix qu’ils soient de la Russie, de l’Inde, du Chili, de l’Islande ou à Sedona, ne sont là que pour m’offrir de fortes différences si semblables à mes propres réalités. Des fois le choc permet l’éveil et cette prise de conscience que nous sommes tous frères et sœurs sur cette petite boule bleue.

Guy J. Giguère

Prochain safari au Kenya, janvier-fevrier 2011

Ressources : Spiritours, 514-374-7965, 1-866-331-7965, www.spiritours.com

21 h 19 min - Publié par Anne Godbout

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