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Cette année –2020—la célébration de la fête de cet apôtre tombe un samedi ce qui fera que les adeptes de la messe dominicale en ce jour seront privés. Ce rappel de ce que nous savons de la vie de ce 1e évêque de Jérusalem nous manquera et –pourquoi pas… — de ce qu’il nous permet de découvrir sur une attitude face à la pandémie que nous vivons (a) (b) [1][i]. Commençons par quelques éléments de la vie de l’apôtre recruté par Jésus.

Saint Jacques apôtre et l’Espagne:

Rappelons au départ que l’apôtre est nommé «Le Majeur» —pour bien le distinguer de Jacques le Mineur— «Il était, comme Jean, fils du pêcheur Zébédée. «Tous les trois réparaient leurs filets au bord du lac de Tibériade, quand Jésus et dit aux deux frères : «Suivez-moi» Mc 1,19). Ils assistèrent, l’un et l’autre, *à la guérison de la belle-mère de saint Pierre (Mc 5, 37), à la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5, 41) et à la transfiguration (Mc 9, 2). Chez Mathieu, (20, 20-28), c’est la mère des fils de Zébédée qui demande, un jour, à Jésus : «Ordonne –lui dit-elle—que dans ton royaume, mes deux fils que voici siègent l’un à droite et l’autre à gauche» … rien de moins! À Getsémani, bien que Jésus leur eut recommandé de «veiller et de prier», ils dormaient d’un bon somme alors que Jésus était en agonie, «l’âme triste jusqu’à la mort»

(Mc 14,37)       

*«Jacques apparaît comme un homme passionné, audacieux, ambitieux et décidé. Jésus donnera aux deux frères le surnom de «Boanergès, fils du Tonnerre». (Mc 3,17). De nombreux épisodes des évangiles révèlent ce caractère fougueux» (selon pèlerin.com.).

Si nous écartons la possibilité que Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –question difficile à prouver, entre autre compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors évêque de Jérusalem…! On sait que Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean (Actes 12,2).     

*Et alors… –peut-on vivre la pandémie sans puiser dans le témoignage de 1e chrétiens (ou de la Parole de Dieu) de quoi nous inspirer et nous stimuler…? —comment la présentation de ce patron des espagnols peut-elle éclairer ce que nous vivons…?

Saint Jacques a dû affronter le mal de la vague de la persécution des chrétiens auquel fut soumise la communauté naissante et il l’apôtre y a laissé sa peau. Comme évêque, sa mission l’a obligé : *à alerter, *à éclairer, *à soutenir, *à rappeler le modèle du chrétien, Jésus qui a marché au martyr grâce à la force de l’Esprit qui l’animait.

Le Pasteur est probablement intervenu dans les assemblées dominicales pour  inviter à la prière du soutien. –les premiers chrétiens n’ont-ils pas eu même à fuir …–  avec les moyens à sa disposition, l’apôtre est sûrement intervenu. Aujourd’hui, il serait probablement intervenu d’une façon virtuelle ou autres

Le pape François n’a pas manqué de souligner le courage de prêtres qui ont risqué gros en franchissant les barrières… Téléjournal a  montré des prêtres italiens accueillants des cercueils dans des lieux pour une bénédiction avant l’inhumation obligatoire.   

*Mais revenons au «corps» de l’apôtre.  Quand nous abordons l’après décapitation de cet apôtre qui fut le 1e évêque de Jérusalem, nous sommes soumis à un exercice de «sélection» entre la légende et la découverte d’une réalité probable.

Si nous écartons la possibilité que saint Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –il est difficile de prouver, entre autre, compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors qu’il fut évêque de Jérusalem…! On doit s’en tenir au fait qu’il resta à Jérusalem –(mais, voir plus loin > une autre version ©) et d’après les Actes des Apôtres 12, 2 qu’Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean» vers l’an 44.

C’est le sort de ses restes qui a fait couler beaucoup d’encre tant chez les historiens que chez les poètes qui s’y intéressent   présentement. «Pendant huit siècles, on plaça son tombeau en Palestine ou en Égypte. –affirme un auteur–. Les Espagnols assurèrent qu’il était chez eux, à Compostelle, en Galicie». Pour donner suite à ce récit, selon une tradition, les restes de l’apôtre auraient été mis sur un bateau de la Palestine et apportés en Espagne. De toute façon, ses restes ne sont plus vénérés qu’à Compostelle qui devint, après Jérusalem et Rome, le pèlerinage le plus fréquenté de la chrétienté.

(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.   Une urne –contenue dans un sarcophage richement décorée de scul-ptures de figures – est située dans la crypte qui garde les reliques de St-Jacques. –(personnellement, en 1985, j’ai eu le privilège de célébrer seul

sur son tombeau)–.

St-Jacques de Compostelle; dans la géographie du nord de l’Espagne, est d’abord une commune située dans la province de Corogne (Coruna), en communauté autonome de Galicie. Elle comptait 96.400 h. en 2018. Elle est située à 260 mètres d’altitude –(nous sommes à 605 km au nord-ouest de Madrid)–.

Elle fait partie d’un ancien royaume La Galicie que les Rois Catholiques –Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon ont réunie en 1492.

«Comme Venise, –la Galicie—ne possède pas d’Antiquité … Elle est passée de la préhistoire et de l’anonymat… jusqu’à l’apparition de la découverte du tombeau  –on parle d’abord de légende… d’«inven-tion» du tombeau – jusqu’aux années 812-814 (voir La chronique de Turpin et le livre des miracles). Mais qu’en est-il vraiment ?

© Toutefois, un document affirme que : Jacobus «après l’accomplis-sement de sa mission évangélique à travers les terres ibériques, mourrait décapité à Jérusalem –année 44–; ses dépouilles embaumées furent transportées depuis le port de Joppe à Oria-Flavia et la découverte de la tombe au début du IXe siècle, serait à la source de la fondation de Santiago de Compostela…» (Tout Santiago, Xavier Casta Clavell, ed. Escudo de oro s.a. 1980, p.2.

Après plusieurs péripéties, on arrive, en 866, où Alphonse III le Grand fait de ce lieu un évêché; une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.

«Au IXe s., selon un récit relaté dans la Concordia de Antealtares écrite vers 1077 vivait un ermite nommé Pelayo (Pélage) qui aurait reçu une révélation du lieu du tombeau de saint Jacques par des lumières surnaturelles. Alerté, l’évêque du lieu Théodomir, aurait décidé trois jours de veille et de prières et ordonné des fouilles au cours desquelles on aurait trouvé le «saint corps».

L’image d’un saint cavalier –vous observerez le saint apôtre monté sur son cheval blanc, (*) tuant les infidèles (les Maures) est très importantes dans la légende autour du corps du saint.

Depuis Jean-Paul II, on parle plus de mémorial de saint Jacques, sans utiliser le mot «relique»; Benoît XVI parlera d’un lieu «lié à la mémoire de saint Jacques». C’est alors que nous comprenons mieux les hésitations.

La langue : le galicien : On compte 3.000.000 de locuteurs de la langue officielle de la communauté autonome de Galicie, au côté du castillan, commun à toute l’Espagne. –Le Galicien connut :Os seculos escuros de 1580 à 1640 pendant l’unification de la péninsule ibérique sous les Rois Catholiques. Tout comme le portugais aux consonances identiques; on parle de galaïco-portugais, –il fut même une langue de culture; ainsi, le roi de Castille Alphonso X, Le Sage, aurait rédigé, les Cantigas de Santa Maria –il fut même une langue de culture. Le galicien provient du latin. –À Rome, le tin classique s’était transformé –et déformé—en latin vulgaire apporté par les conquérants romains au XIIe siècle de l’ère chrétienne. Plus on s’éloigne de la Grande Capitale, Rome, plus les divergences s’accentuent et donnent naissance aux langues dérivées du latin parlé de nos jours : principalement: français, espagnol, portugais, italien, roumain, … ainsi que les dérivées dont le galicien (*).

Étymologie : Le mot «Stantiago» est le résultat de la contraction latine Santi Jacobi (littéralement San Jacobo en espagnol), qui devient San Yago en vieux castillan, avant que ceux-ci ne forme qu’un seul prénom.

(*) personnellement –et je le dis sans aucune prétention! –j’ai fait une licence en philologie romane à l’Université de Barcelone. C’est passionnant d’étudier l’évolution des langues parlées aujourd’hui à partir de la transformation du latin vulgaire.    

             .  

+ Pour les pèlerins suivra un (Pèlerinage de St-Jacques de Compostelle.

Les trajets diversifiés… «démonstration de ferveur, de d’hospitalité, d’art et de culture», qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelle du Vieux Continuent.  

*«Instauré après la découverte des reliques de Jacques de Zébébée  au début du IXe s, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIE s un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale». C’est après la prise de Grenade en 1492 que le pape Alexandre VI déclare officiellement St-Jacques de Compostelle lieu de pèlerinage avec Jérusalem et Rome.


(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.  


Abbé Jean Guy Paradis

25 juillet 2020 - Publié par Anne Godbout

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13 juillet 2020 - Publié par Anne Godbout

« Tu seras appelé prophète du Très-Haut. » (Luc 1, 76)
C’est toujours dans la splendeur de l’été que nous célébrons notre fête patronale qui nous invite à remonter jusqu’à nos origines, sous l’inspiration de ce grand personnage de Jean le Baptiste annonçant la venue du Christ, source de notre foi.
« Venus des vastes océans, par-delà l’estuaire,Ils remontaient le St-Laurent, les fjords et les rivières. »
Ces paroles de Robert Lebel renvoient les chrétiens d’ici jusqu’aux temps anciens où la foi semée en ce coin d’Amérique a longtemps défini l’identité de notre peuple. En ce jour de fête nationale, nous célébrons celui de qui Jésus a dit : « Parmi les enfants de la femme, il n’y en a pas de plus grand que Jean.» Habituellement c’est le jour de sa mort, c’est-à-dire de sa naissance à la vie éternelle, qui est choisi pour commémorer la vie d’un saint. Mais exceptionnellement, comme pour Jésus et la Vierge Marie, c’est le jour de la nativité de Jean le Baptiste que nous célébrons. Dès avant sa naissance apparaît donc le rôle unique que Dieu va lui confier dans la révélation : Annoncer le Messie, l’agneau de Dieu qui apporte le salut : « Le voici celui qui vient après moi »,
Je me souviens d’un article du « Time Magazine » rapportant une rencontre célèbre entre le pape de l’époque, Benoît XVI et le rabbin Jacob Neusner. Le journaliste écrit que ces deux grands amis qui se respectent sont d’accord même sur leurs dé-saccords. Il relate cet échange significatif où le rabbin de-mande ce que le Christ a supprimé de la loi. La réponse du pape est claire: « Nothing, rien ». Qu’est-ce qu’il a alors ajouté, reprend le rabbin? La réponse est non moins élo-quente : « Himself, Lui-même ». La personne de Jésus est le centre de notre foi. Déjà Jean le baptiste parlait et agissait ainsi : « Il faut qu’il croisse et que moi, je diminue. »
En cette fête très inspirante qui inaugure la belle sai-son, nous remontons jusqu’à nos racines chrétiennes et, pui-sant dans notre héritage, à la suite de nos ancêtres, nous de-venons à notre tour pour notre monde témoins du Christ ressus-cité et, pour reprendre les paroles d’un autre chant de Lebel, « ouvriers d’Évangile, inlassables semeurs. »
Le printemps 2020 avec sa pandémie marquera un tournant irré-versible dans l’histoire du monde et le peuple d’ici n’échap-pera pas à ces transformations profondes du mode de vie. La fête d’aujourd’hui devrait nous inspirer un renouveau spiri-tuel qui nous motive à puiser à nos racines chrétiennes et à annoncer par toute notre vie la Bonne Nouvelle du salut pro-clamée par Jean le Baptiste et incarnée dans la personne du Christ lui-même. Nos églises ouvrent bientôt leurs portes comme notre foi s’ouvre aussi sur le monde.
« En ce pays qui est le mien, je voudrais tant porter ton Nom! ». De ce même chant, ce souhait répond comme en écho à la devise d’un peuple qui peut dire encore « Je me souviens » de la foi semée un jour sur les bords du grand fleuve et qu’il veut voir fleurir dans le cœur de ses enfants.

24 Juin 2020 ; Ste-RoseClaude Brissette, ptre

24 juin 2020 - Publié par Anne Godbout

La vie n’est pas linéaire. Elle est fluctuante et semée d’embuches : détresse et malheur. Mais, aussi joies, bonheurs et espoir se côtoient et s’alternent. Heureusement.

L’histoire humaine est jalonnée de catastrophes de tout genre. Celle de Covid-19 que nous subissons actuellement nous incite à la réflexion et à la méditation afin de revoir et repenser nos modes de vie et les systèmes de valeurs qu’ils véhiculent quant à nos rapports à tous les domaines de nos activités : l’organisation sociale, l’éducation, l’éthique, l’environnement, l’économie, entre autres.

La pandémie COVID-19 nous rappelle notre fragilité et notre vulnérabilité, mais surtout notre responsabilité. En ces moments difficiles, il est de notre devoir de faire appel à notre conscience, à la sagesse et s’élever spirituellement afin de promouvoir une éthique qui reflète nos valeurs humaines dépourvues de séquelles de notre incohérence vis-à-vis de l’harmonie de la nature. Transgresser les lois de la nature par nos actions artificielles pour la ‘’maîtriser’’, c’est risquer son contrecoup. C’est comme scier la branche sur laquelle on est assis. C’est qu’en fin de compte c’est trahir soi même. ‘’Les idées trahies se vengent’’ écrivait Malek Bennabi. Que faire ? Comment agir donc ?

Une discipline vielle-nouvelle commence à s’affirmer en sciences politiques.  Celle de : Politique et spiritualité.

Ghandi, figure de proue de la spiritualité était politiquement actif au sein du parti du congrès national indien. Il disait : « Je ne pouvais pas mener une vie religieuse à moins de m’associer à toute l’humanité et cela ne pouvait être accompli à moins que je prenne part à la vie politique ». 

On trouve la même perception dans la tradition amérindienne des nations iroquoises : ‘’La spiritualité est la haute forme de conscience politique’’ et  ‘’la conscience spirituelle est la forme la plus achevée de la politique’’[i].

Corinne McLaughlin[ii], auteur de  Spiritual Politics, écrivait   ‘’ (…) Nous serons de meilleurs agents du changement si nous réunissons ainsi la politique et la spiritualité. Un sondage récent a montré que 84% des américains pensaient que « le gouvernement serait meilleur si les lois étaient fondées sur les valeurs morales« .[iii]

En effet, c’est avec l‘engagement comme citoyen-croyant que nous pourrons introduire le changement nécessaire à concrétiser nos aspirations et, par conséquent, nous nous réaliser. Cependant, on ne peut opérer cette dynamique qu’en changeant notre intérieur. ‘’C’est que Dieu ne change point l’état des gens, que lorsque ces derniers changent ce qui est en eux-mêmes’’. Coran, 13, verset 11.

La spiritualité est certes intimement liée à la foi religieuse. Toutefois, elle n’est pas exclusivement religieuse. C’est une dimension de la nature humaine.  Elle est partie intégrante de notre personnalité et de notre identité. Une personne athée a une âme commet tout être humain et est donc pourvue d’une dimension spirituelle.  La spiritualité n’est pas non plus et ne peut être l’opium des peuples. Elle est leur conscience. Vivre sa dimension spirituelle n’est pas sombrer dans le mysticisme.  Mais, plutôt être en symbiose avec le rationnel et le spirituel.  ‘’L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête’’. Pascale Blaise.

L’après-pandémie

Rappelons-nous notre expérience humaine au lendemain de la catastrophe qu’était la seconde guerre mondiale. Plusieurs mouvements empreints d’humanisme ont vu le jour dont celui de citoyens du monde, plusieurs initiatives de bonne volonté comme la déclaration des droits humains de l’ONU. Les principes que comporte cette déclaration trouvent leur origine dans le discours du 6 janvier 1941 du président américain Franklin Roosevelt  sur les quatre libertés.  La liberté d’expression la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin, la liberté de vivre à l’abri de la peur. De nos jours, les  tweets présidentiels sont souvent aux antipodes des ces valeurs cardinaux.

Une certaine fraternité humaine s’était donc manifestée. Mais la guerre froide avait rapidement sapé toutes ces conceptions et ces rêves. Les grandes puissances ont succombé au consumérisme et à la géopolitique d’affrontement pour le contrôle des richesses et pour asseoir leur hégémonie sur les zones d’influence et sur les peuples.

L’après pandémie sera-t-il beaucoup plus un changement imposé par la force des choses que judicieusement pensé ? Sera-t-il conçu en harmonie avec nos aspirations spirituelles et socio-économiques ou bien continuera, sous de nouvelles formes, mais essentiellement comme auparavant, axée sur la course effrénée pour assouvir les instincts du profit matérialiste au détriment du bien-être harmonieux du genre humain ?

Des projets de sociétés sont, ces derniers temps l’objet de réflexion et commence à émerger. Comme celui des sociétés du savoir que prône l’UNESCO et œuvre à construire. Celles-ci ‘’doivent se fonder sur quatre piliers : la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous’’. L’UNESCO collabore avec  d‘autres institutions et organismes comme le Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI) et le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).[iv] Quoi qu’il soit, le futur nous annonce déjà que le projet sociétal se fonde inéluctablement sur les technologies de l’information. Ce qui suscite nos interrogations quant au sort de nos libertés individuelles et collectives.  Elles sont relativement inaliénables, seraient-elles absolument aliénées ou tout à fait inaliénables ?


[i] https://www.bio-scene.org/article/le-message-des-hau-de-no-sau-nee

[ii] Corinne McLaughlin est l’auteur de  Spiritual Politics. Elle est fondatrice et directrice exécutive du « Center for Visionary Leadership » qui propose des programmes éducatifs publics, une formation de leader fondée sur les principes spirituels et des services de consultants. Elle enseignait auparavant la politique à  American University et fut coordinatrice d’une commission pour le développement durable sous le mandat du président Clinton.     

[iii] https://www.cicns.net/Politique_Spiritualite_Reunies.htm

[iv] https://fr.unesco.org/themes/construire-soci%C3%A9t%C3%A9s-du-savoir

ANNEXE

Dans son article sur le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada paru dans la revue Québec Science du 03 octobre 2019, Marine Corniou cite le directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS) qui selon lui « Un virus respiratoire grave serait une catastrophe. Le monde n’est pas prêt à se défendre contre une telle maladie. (…) La sécurité sanitaire mondiale est largement sous-financée. Il faut réparer le toit avant que la pluie tombe, a-t-il martelé. Il faut aussi lutter contre la guerre, la pauvreté, le manque d’infrastructures dans les pays les plus à risque», confiait, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

L’OMS a ajouté en 2018 la « maladie X » sur sa liste des grandes menaces pour la santé mondiale, qui serait provoquée par un agent « potentiellement épidémique encore inconnu. » L’objectif : inciter la communauté internationale à se préparer à tous les scénarios. Probablement à un virus transmis par voie respiratoire, à en croire un rapport du Johns Hopkins Center for Health Security sorti fin 2018. Une sorte de grippe. 

https://www.centerforhealthsecurity.org/our-work/pubs_archive/pubs-pdfs/2018/180510-pandemic-pathogens-report.pdf

Mohamed Bounegta

29 mai 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Introduction.

La belle citation, préfiguration littéraire de Jean de la Fontaine, dans Les animaux malades de la peste: ʺ ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient atteints ‘’, peut être une illustration parfaite dans le comportement de plus d’un en cette période de la pandémie Covid-19 qui met tout le monde en déroute. Oui,  jeunes et vieux, petits et grands, noirs et blancs, riches et pauvres…. ,tous sommes atteints par une grande  psychose de peur devant ce virus dont les effets, à coût sur, sont dévastateurs.

L’irruption du Covid-19, ce microorganisme infiniment petit de moins de 1mm de diamètre, facilement maîtrisable avec la chaleur et l’alcool à plus de 70 %, dans l’organisme humain réduit et détruit le système de défense possible de l’armée naturelle du corps humain causant ainsi des pathologies graves susceptibles de conduire à la mort.

Mais hélas ! à défaut  d’ une réponse médicale ( moyens curatifs et préventifs) convaincante à l’ heure qu’ il est, de l’ expertise adéquate pour comprendre et saisir exactement  la subtilité de ce  virus  et surtout l’ absence déconcertante de l’ équipement pour y faire face ; la lutte contre le covid-19 ouvre une autre grande brèche  sur des questions existentielles du genre: « où est Dieu pour dédouaner le monde de cette calamité ? » ;« pourquoi peut-il permettre une résurgence d’une telle pandémie qui cause du fil à retordre à l’existence humaine ? ». Certaines langues fondamentalistes vont carrément jusqu’ à la confirmation d’un châtiment divin.

  1. L’amour inconditionnel de Dieu.

Au regard  du récit de la création du monde, le livre de la Genèse (Gn 1,1-2,4) ne nous présente t- il pas une belle image de Dieu qui, non seulement est Père créateur mais aussi celui qui fait toute chose belle pour le plein épanouissement et la bonne réalisation de l’homme ?

Alors cette question existentielle « où est Dieu ? » ou « où est son amour ? » dans cette situation déconcertante que traverse le monde, nous renvoie explicitement au terme de responsabilité consciente de l’homme quant à la gestion du monde lui ayant été confiée, pour l’harmonie et le bon fonctionnement de ce dernier. D’ailleurs, une bonne lecture du récit biblique de la création laisse entrevoir la distinction entre l’homme et les autres créatures. En effet, la différence  est  mise en évidence par le fait que seule sa création est le fruit d’une décision spéciale de la part de Dieu et d’une délibération établissant   un lien particulier et spécifique avec le Créateur : « Faisons l’homme  à notre image, selon notre ressemblance. »(Gn 2, 26)

            A ce sujet, l’anthropologie chrétienne, parmi les repères étiques qu’elle propose, voit en l’homme le « gérant de la création » et partant, « co-créateur ». Au sens fort du terme, l’homme est investi d’une mission et d’un pouvoir  sur cette planète, voire sur l’immensité   du monde visible pour faire toute chose belle pour l’avancement d’une  humanité  meilleure. Certainement, ce refrain du psaume 8 : «  O Seigneur notre Dieu qu’il est grand ton nom par toute la terre » ; cet élan du cœur exprimant la bonacité de Dieu n’a d’autre objectif que celui de faire entendre la préséance de l’amour de Dieu pour l’éternité.

 Toutes tentatives de solutions pour résorber, dans le temps, cette pandémie de covid-19 doivent être vues comme atouts nécessaires qui entrent dans les prérogatives légitimes de l’homme d’ être co-créateur du monde et non comme, la résultante d’ une incapacité alarmante à porter une solution urgente à un problème pressant. Pour cela, entre dans ce même registre ,faits et gestes, attention soutenues à l’ endroit de ceux qui portent le virus et de ceux qui se dépensent pour trouver des voies de solutions, encouragement pour ne pas tomber au désespoir et au fatalisme, la compassion,  la chaîne de solidarité en sachant que quiconque peut éviter ce virus mais tout le monde peut le contracter, la collaboration dans l’ échelle planétaire de tous ceux qui ont compris que l’ homme a reçu de Dieu la mission d’ être acteur  actif et, cela d’ une manière désintéressée pour le renouvellement incessant de la création et non, un spectateur qui subirait les aléas de l’ histoire.

Il est ici question d’une interpellation de taille qui rappelle à l’homme qu’il est tenu à rentrer dans sa vocation première  évitant tout égarement qui porterait préjudice à l’œuvre même de la création. Pour cela, il lui faut une éthique morale rigoureuse dans ses investigations techniques macroscopiques et surtout microscopiques tout en sachant que le primat de la vie à sauvegarder, à tout prix, n’a pas de commune mesure.

Pour le cas d’espèce, s’agissant de Covid-19, n’est-t-il pas permis de croire que l’homme est allé plus loin dans l’investigation de la nature, toute belle créée par Dieu, en manipulant la base génétique fondamentale, susceptible de l’harmonie vitale, jusqu’ à produire quelque chose que lui-même n’arrive pas à maitriser ? Ainsi, avouons-le, la recherche de la maîtrise du monde de l’infiniment petit (monde microscopique) doit amener l’homme à s’ouvrir et à comprendre celui qui est l’infiniment grand, maître et auteur de ce qui est infiniment petit sous réserve de  corriger ce qui est incorrigible.

On peut alors comprendre Lambert Nieme, citant H. Jonas, lorsqu’il constate qu’avec « la technique moderne, on assiste à deux grandes mutations : la transformation de l’agir humain et le fait que même  l’homme devient l’objet de la technique. Celle-ci ne porte plus exclusivement sur le réel extrahumain mais va jusqu’à affecter l’existence au niveau même de sa constitution substantielle »[1] .

Venons-en ici au concept de la liberté. Dieu concède à l’homme dès l’origine une richesse inaliénable qu’est la faculté de jouir de sa liberté. Mais il s’agit d’une liberté responsable qui ne cherche pas, avant toute chose, à assouvir ses rêves les plus fous mais au contraire, à  rechercher la réalisation de ce qui peut contribuer au dessein voulu de Dieu en faveur de l’humanité. Qui plus est, argumente André Lomboloka, « la vrai liberté est la capacité de prendre position en face de l’appel de Dieu en vertu d’une participation à la liberté divine, source de celle de l’homme. Dieu est libre, l’homme l’est aussi. Sa liberté est un don qu’il  reçoit de Dieu par le Christ »[2]. C’est en lui que s’accomplit la loi ». (Rm 10, 4 ; Gal 5,1).

Par contre la liberté ne signifie pas libertinage. En effet, au dire de Jean-Paul II,  une  « conception pervertie de la liberté »[3] favorise la « culture de la mort »[4]. Raison pour laquelle, tout en concédant la liberté à l’homme, Dieu prévient aussi le danger possible pour ne pas sortir du cadre du bonheur et de l’épanouissement: « tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance car le jour où tu en mangeras tu devras mourir » (Gn 3, 16). 

Ainsi, sonna le glas qui doit résonner à temps et à contre temps de notre  existence et, bien plus  en ce moment difficile de la pandémie Covid-19 afin d’user de notre liberté dans le sens de poser des actes responsables et réfléchis qui favorisent la protection et le maintien de la vie. Une liberté qui ne démotive  pas  mais plutôt celle qui tient au respect strict de la valeur et de l’inviolabilité de la vie humaine.

De ce fait, la soif effrénée du développement pris dans son sens de la création du bien- être ne soustrait, en aucun cas, l’homme à son devoir moral de responsabilité à témoigner les uns les autres pour faire barrière à ce fléau planétaire. Nous pouvons également faire mention à toutes les innovations techniques modernes qui portent le souci de résoudre le problème de la productivité abondante, comme le cas des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui, sans peur d’être contredit, causent des dégâts aussi dangereux à l’échelle planétaire.

La question de fond serait alors celle de savoir : « quel est le seuil du tolérable possible à ne pas dépasser pour ne pas se retrouver face à des écueils qui nous portent à remettre en cause la présence et l’amour de Dieu au milieu de nos souffrances ? ».Ceci étant, toute attitude de se défaire du filagramme de la considération de l’homme par Dieu(ne craint pas, tu as du prix à mes yeux, Es 43,1) ouvre le champ à une attitude de fatalisme qui désarmerait l’homme de tous ses atouts de confiance. Confiance en soi (capable de raisonner, d’accepter sa condition et d’assumer en responsable ses actes et de chercher la solution dans la bonne direction), confiance par rapport aux autres (les autres m’aident à comprendre ce que je suis réellement pour la prise des décisions utiles dans la vie) et surtout la confiance en Dieu (toujours présent au rendez-vous de notre vie en nous proposant de bonnes solutions par le biais de notre conscience).

D’ailleurs, un aperçu historique de l’évolution du monde ne nous montre t-il pas que Dieu est toujours présent et chemine avec l’homme dans ses joies et dans ses peines ? Ne crains pas tu as du prix à mes yeux  (Is 43, 1), (Lumen Gentium nº 1) ou « je serai avec vous jusqu’à la fin du temps » (Is 41,10). Combien n’y a-t-il pas eu des pandémies redoutables dans ce monde avec effets dévastateurs comme en témoignent ces chiffres ?

  1. 1320 : épidémie de la peste noire avec conséquence lourde en perte en vie humaine ;
  2. 1520 : épidémie de la variole, entre 2,5 à 3 millions de morts ;
  3. 1620 : une étrange maladie a décimé une grande partie ;
  4. 1720 : la peste de Marseille entre 30000 à 40000 morts sur une population de 90000 habitants ;
  5. 1820 : le cholera avec une dizaine de milliers de morts ;
  6. 1920 : la peste pneumonique ou grippe espagnole. Environ 1000000 de morts ;
  7. 2020 : covid-19, avec en ce jour environ 500000cas des décès selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Eu égard à cette statistique macabre, il y a lieu de se lever et de clamer haut et fort, comme le psalmiste : Ton amour Seigneur est sur nous comme notre espérance est en toi ; car de toutes les pandémies aucune  n’a déjà eu le dessus sur l’œuvre de la création, fruit de l’amour et de la main puissante de Dieu.

Et c’est ici de s’interroger sur la bonne attitude qui caractériserait notre agir afin de lutter ensemble contre cette pandémie mondiale. Ainsi, au-delà de tous les moyens matériels possibles (sanitaires, médicaux, techniques, financiers), de l’ impératif de responsabilité ( toujours être conscient que la contamination des autres peut passer par moi, d’où ma contribution de lui barrer la route) et de devoir de solidarité ( penser au bien des autres autant qu’à moi-même) ; Dieu dans son amour a infusé dans chacun de nous une arme pouvant aider à assumer, à sublimer et à lutter avec confiance afin de sortir la tête haute face à cette pandémie.

En ce temps de crise sanitaire, l’exemple de l’expérience de la vie relationnelle de Jésus avec son Père peut nous être bénéfique pour trouver les moyens nécessaires dans le méandre de cette lutte. Au travers de sa passion, Jésus nous enseigne la meilleure manière de lutter contre tout ce qui peut nous amener à réduire en nous la plénitude de la vie reçue gratuitement de Dieu. Et le maître-mot sera toujours la « confiance ».


[1]NIEME, L.,Fondements de l’impératif d’exister de l’humanité, France, Editions Persée, 2016, p.17

[2]LOMBOLOKA. A., Evangelium Vitae : une culture chrétienne de la vie, in Kola Info,  Revue de l’Equipe Missionnaire  pour l’Evangélisation, Pax Christi, Bièvre, Belgique, 2001, pp.45-60.

[3]Evangelium Vitae, n° 18.


  1. La confiance ne déçoit pas. (Ps. 13. 6)

En exprimant sa confiance en son père, Jésus à lutter jusqu’au prix de sa vie pour que Satan(le mal) ne prenne pas le dessus sur lui.                            Etant une vertu c’est-à-dire ,une aptitude qui concède en nous la capacité d’accomplir ce qui est bien en agissant d’une manière digne devant Dieu, la confiance réduit les limites du doute et d’incertitude pour s’ouvrir à nous-mêmes, aux autres et surtout à Dieu avec sincérité. Raison pour laquelle, la confiance de Jésus l’a conduit sur un chemin de sacrifice réalisé avec amour dans le seul souci de ne pas donner raison à ses détracteurs. Pour illustration: 

  1. Sa tentation par trois fois  au désert (Lc 4,1-13), Jésus va en sortir victorieux au nom de sa confiance toute placée en son père (Jésus lui répondu : « il est dit : tu ne mettras pas à l’épreuve le seigneur ton Dieu » Lc 4,12) ;
  2. Sa trahison par l’un de ses apôtres, certainement qui avait sa confiance parce que gestionnaire de la bourse commune (Mc 14,10-11) ;
  3. Son reniement par celui-là qui solennellement avait reçu de lui la charge de conduire la barque après lui et solennellement avait formulé les vœux de ne pas le trahir (Mc14, 29) ;
  4. Son abandon par tous ceux-là qui ont bénéficié de ses enseignements nouveaux qui ouvrent à la grâce et au salut en scandant : crucifiez-le ! (Mc 15,13) ;
  5. Sa mort sur la croix (Mc 15,34).

Au regard de cette expérience de Jésus, ce qui est déterminant à relever, pouvant soutenir l’expérience de tous ceux qui souffrent suite au Covid-19 , ce n’est pas, sans  nul doute, la souffrance qu’il avait endurée dans son corps et dans son âme mais plus sa capacité de se maintenir ferme dans la confiance totale en son père afin de ne pas annuler toute l’espérance d’Israël d’avoir un Dieu fidèle à son amour (Ps 117,5-7).

Notre acte de foi, ne nous rassure t-il pas que : « Dieu est la vérité même qui ne peut ni se tromper ni nous tromper » ? Si Dieu est toujours fidèle et, en aucun cas, il peut nous tromper ; c’est même la raison d’être de notre vie. Souffrance ou pas, richesse ou pas, maladie ou pas… l’essentiel est de nous savoir aimer jusqu’au moment le plus sombre de notre vie. Car, s’il n’y a plus confiance dans notre vie pourquoi vivons-nous alors ?

Les contingences de la vie étant, Covid-19 par exemple, ne peuvent pas entrainer une limitation de cette richesse de confiance que Dieu dans son amour a infusé en nous. Lui qui a toujours le dernier mot en faveur de tous ceux qui souffrent (Jb 19,25-27). Le manque de confiance, à tout le niveau de la vie, ouvre la porte à une série des frustrations intérieures qui conduisent au désespoir et partant,  à une négation même de la vie comme un don gratuit et merveilleux de Dieu. Plutôt que de perdre espoir, dans la souffrance, l’homme doit se confier au Seigneur ; une occasion de découvrir une de ses vocations humaines, celle de participer à la souffrance rédemptrice du Christ, laquelle souffrance a racheté toutes les souffrances humaines.

Dans sa souveraine majesté, Dieu étant  Dieu, personne ne peut le faire exister selon son entendement. Mais la dimension de notre confiance en lui et de notre espérance en lui offre des horizons nouveaux pour recevoir, par le biais de la foi, la quiétude possible indispensable pour une vie accomplie.

Il est à noter que, la confiance dont il est question, n’est pas à confondre avec l’optimisme qui, du reste, relève de l’espoir ; car l’espoir reposant sur une analyse humaine peut se tromper. Ce faisant, au milieu de cette turpitude donnant  l’impression à l’arrêt du monde, nous sommes tenus à avoir confiance en soi.  De la sorte, notre confiance donnera  une voie d’accès à celle en Dieu rendue possible par une vie d’intimité profonde.

Ce qui nous laisse comprendre que la vraie guérison qui procure la joie et la quiétude est avant tout une guérison intérieure (Ap 3,20). On peut bien souffrir dans son corps mais tout en restant serein et épanouit dans sa vie, et dédouané de la peur qui limiterait toutes les possibilités d’une guérison extérieure (physique). C’est là que Dieu se réalise comme Père bon et aimant (Is 65,19-20) ; cet accompagnateur silencieux ou ce médecin invisible qui souffre avec le souffrant, qui compatit, qui chemine et qui guérit dans un silence silencieux. Et, qui lui ouvre son cœur, le verra présent toujours au rendez-vous.

  1. Conclusion.

Dans quelle ligne s’inscrit notre exposé face aux défis de la situation sanitaire de l’heure ?

  • Conscient de la gravité de la  pandémie du covid-19 avec ses conséquences très fâcheuses qui secoue le monde, il est plus qu’urgent que chacun selon ses capacités puisse être capable de justifier sa confiance en Dieu et son espérance de voir vaincu cette pandémie devant ceux qui nous en demandent avec raison.

En d’autre registre de langage, ne nous laissons pas aller au découragement et ne renonçons pas à l’espérance.

  • D’où, l’impératif de la responsabilité et le devoir de solidarité incombent à nous tous si nous voulons dans un bref avenir redorer la joie de vivre dans les cinq coins du monde et d’affirmer avec certitude : Seigneur ton amour est sur nous comme notre espérance est en toi…

Père Jean-Bosco Kiabilua Landana, Omi

20 mai 2020 - Publié par Anne Godbout

Encore un pas de plus…

L’été dernier, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe sur le chemin de Compostelle. Ce fut toute une aventure, en quelques jours nous avons parcouru plus de 275 kilomètres. C’était ma deuxième expérience sur le chemin. La première fois, j’ai parcouru la distance du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en France à la ville de Burgos et la deuxième fois j’ai eu la chance de faire une partie du chemin côtier.
Plusieurs personnes m’ont demandé comment on peut faire le chemin. Je leur réponds simplement en faisant un pas à la fois et un après l’autre. À chaque fois que je fais ce chemin, j’ai toujours vécu une expérience singulière, unique. J’aime faire de la randonnée et j’adore me dépasser me donnant des objectifs de distance de plus en plus grands de jour après jour. Il m’est arrivé dans un de mes périples de faire plus de quarante kilomètres dans une même journée.

Mais mon exploit le plus grand ce n’est pas d’avoir fait une grande distance, mais c’est d’avoir pris le temps d’aider une personne à faire un pas de plus. Je me souviens à plusieurs occasions de me retrouver avec des gens qui me disait je n’en peux plus. J’arrête, ici j’ai soif, j’ai mal au pied, je ne suis plus capable, j’ai tout donné. Quoi faire ? La première chose que j’ai dû accepter de ne pas être performant. La deuxième chose c’est vivre et aimer l’autre tel qu’il est. Je me suis retrouvé dans un champ, dans une forêt loin des habitations, d’une source d’eau, loin de la route. Alors la seule chose que j’ai pu dire ; « faisons un pas ensemble, dis-moi qu’est-ce qui te fait mal ? Quelle est ta souffrance ? ». Alors en écoutant l’autre partager sa souffrance je l’invitais à faire un autre pas.
Ce qui m’a émerveillé à chaque fois, c’est en écoutant les cris et les souffrances de ceux qui n’était plus capables, sans s’en rendre compte il faisait un pas à la fois. Un pas à la fois, un après l’autre et ainsi on parcourait à notre insu un, deux, trois, quatre kilomètres et l’on arrivait au refuge où un repas chaud nous attendait. Aujourd’hui, ce n’est pas des kilomètres que nous avons à parcourir, ce sont des journées à vivre une à la fois, sachant que chaque journée vécue est une victoire, un pas de plus vers le refuge celui de la fin de la pandémie.

18 avril 2020 - Publié par Anne Godbout

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