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Par Anne Godbout

« J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Galates2,20)

« C’est Christ qui vit en moi ! » voici l’expérience dont je veux vous parler. Le Seigneur nous dit :  » Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Apocalypse 3, 20)… Pour vivre cette grâce, nous devons d’abord la désirer et ouvrir la porte de notre cœur, c’est la première condition. Il est aussi important de renoncer à notre « vieil homme », crucifié avec le Seigneur, pour vivre avec lui dans une vie nouvelle. Nous pouvons alors expérimenter de la façon la plus intime cette présence de Dieu qui fait sa demeure en nous. Parfois il peut se manifester par les sens ou l’émotion, pour quelques rares privilégiés il peut y avoir des visions ou des locutions intérieures, mais il ne faut pas nous y attendre. A quoi devons-nous nous attendre alors? A une expérience ordinaire de Dieu, dans le quotidien, une expérience réelle que nous pouvons reconnaître si nous faisons le choix de vivre dans la foi et mettre en pratique la Parole. 

J’ai eu le privilège de ressentir à plusieurs reprises dans ma vie la présence de Dieu comme un feu brûlant dans mon cœur, un amour intense qui m’emplit d’une joie difficile à décrire. Le problème parfois est que je voudrais toujours sentir cette présence, je recherche la même intensité (comme c’est souvent le cas en amour) et j’arrive plus difficilement à reconnaître sa présence dans le quotidien parfois banal de la vie, même si je sais qu’Il est là.

Récemment, j’ai pris le temps d’appeler un ancien collaborateur pour lui proposer un partenariat dans le cadre d’un de nos projets de relance (une conseillère m’avait suggéré de le contacter sans savoir que je le connaissais), il a dit oui, j’étais très heureuse, spontanément je lui ai offert un petit cadeau pour lui exprimer ma gratitude. J’ai ensuite envoyé un message à ma conseillère pour la remercier de m’avoir donné cette suggestion, elle m’a envoyé un petit mot exprimant qu’elle partageait mon enthousiasme et alors j’ai senti une telle joie, je me suis levée pour danser. J’ai compris à quel point Dieu est présent dans la relation, dans les liens d’amour et d’amitié qui nous unissent, dans l’entraide et la solidarité. C’était tout simple, j’aurais pu ne pas en prendre conscience, mais le simple fait de le reconnaître a augmenté la joie en moi. Nous sommes souvent si occupés que nous passons à côté de l’essentiel. C’est dans l’ici et le maintenant que nous pouvons rencontrer Dieu, c’est dans le frère ou la sœur qui est en face de nous, c’est dans les petits gestes et les paroles échangés, c’est là que Dieu nous donne rendez-vous.

Pour conclure j’aimerais vous partager un beau texte que notre agent des opérations du département Aux sources de la foi, Francis Manicacci, a écrit sur le thème de l’expérience de Dieu:
« Jésus a fait exploser nos cadres, bouleversé nos vies, pour nous remplir de la sienne, une vie généreuse, joyeuse, qui déborde et inclut les autres. Pour que nous en fassions l’expérience, avec toujours de plus de force, de l’indescriptible amour de Dieu pour nous, qui est entré dans nos vies pour nous faire entrer dans sa joie.
Faire l’expérience de Dieu c’est faire l’expérience avec nous-même, le Moi pur et naturel, qui nous conduit à chaque émotion provenant d’un coeur, le joyau de la Vie, celui qui est relié entre nous et Dieu, et toutes les composante de l’existence.
Faire l’expérience de Dieu c’est aussi les clins d’œil
Faire l’expérience de Dieu, c’est aussi faire l’expérience avec l’autre, notre Prochain avec qui nous coexistons, car la vie avec Dieu ne se garde pas pour nous, mais elle nous lance dans une dynamique, vers les autres. Nous sommes tous des témoins ».

23 octobre 2020 - Publié par Anne Godbout

Préambule de la directrice: Vous allez me demander pourquoi nous lançons une nouvelle gamme de produits touristiques en pleine deuxième vague de la pandémie, alors que les déplacements entre régions au Québec ne sont pas recommandés… voici ma réponse: nous avons commencé à travailler sur ce projet de relance au mois d’août sans connaître l’avenir, cela va de soit, et nous avons décidé d’aller de l’avant maintenant, parce que se retirer en nature pour se ressourcer est parfois essentiel pour la santé mentale. Si les gens ne peuvent en profiter maintenant, ils pourront au moins rêver à leur prochaine escapade ou faire rêver un proche en lui offrant un certificat-cadeau.
– Fin du préambule –

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Spiritours est fier d’annoncer le lancement d’un nouveau concept unique, les Escapades Spirituelles en liberté pour voyageurs indépendants en quête de ressourcement et de spiritualité!

Voyagiste spécialisé depuis 2003 dans les voyages de ressourcement, retraites et pèlerinages surtout à l’international, nous avons dû nous réinventer durant cette pandémie pour pouvoir réaliser notre mission autrement, qui est de permettre à des individus de s’arrêter pour faire le point dans leur vie, se ressourcer, favoriser la croissance personnelle et spirituelle et susciter la rencontre avec soi, avec l’autre et avec Plus Grand que soi. Nous avons dû annuler ou reporter tous nos voyages depuis mars 2020, nous sommes durement affectés, mais nous sommes résilients et nous avons la certitude que plus que jamais le monde a besoin de ce qu’on peut offrir en ces temps d’incertitude.

Le Québec spirituel
Nous voulons faire découvrir l’âme du Québec. Le Québec est une destination mieux-être en plein essor. Avec la floraison des centres de mieux-être, des hébergements éco-responsables, des spas, la présence de la spiritualité autochtone, le développement du tourisme religieux et les grandes figures québécoises du développement personnel et spirituel connues sur la scène internationale, le Québec a de quoi offrir un grand potentiel d’expansion de conscience !

Prendre du temps pour soi
Nous invitons les gens à prendre du temps pour eux, à faire une pause pour se ressourcer ou à offrir ce cadeau à un proche qui en aurait besoin. Nos escapades sont conçues pour être vécues en toute liberté, au rythme de chacun. Elles ne sont pas accompagnées. Il n’y a pas de nombre minimum de participants, le séjour est garanti avec une seule inscription ou plus.

La majorité de nos escapades (avec minimum deux nuitées) font partie du programme subventionné EXPLORE QUÉBEC, qui permet de recevoir un rabais instantané de 25% sur le prix de vente du forfait (pour les résidents de la province du Québec). Il y en a pour tous les budgets, plusieurs forfaits sont à moins de 199$ par personne taxes incluses pour une escapade incluant 2 nuitées et 2 attraits. Nous avons même un forfait à Montréal pour 134$ par personne en maison religieuse à l’Oratoire St-Joseph (Pavillon Jean XXIII).

Le service de réservation est offert en option, il est possible d’acheter le forfait sous forme de certificat-cadeau ou de nous confier les réservations avec notre service de conciergerie qui permet aussi de personnaliser l’expérience.

Notre agence s’est engagée à respecter et faire respecter les mesures et consignes émises par l’Institut national de la santé publique du Québec, lesquelles sont intégrées à notre plan d’intervention face à la Covid-19. Les mesures sanitaires de notre secteur ont été appliquées avec soins afin de permettre aux visiteurs de vivre une expérience sécuritaire.

Voir nos escapades ici!
Plusieurs autres escapades sont à venir, surveillez notre site web.

Anne Godbout
Directrice générale,
Spiritours
www.spiritours.com

1 octobre 2020 - Publié par Anne Godbout

Cette année –2020—la célébration de la fête de cet apôtre tombe un samedi ce qui fera que les adeptes de la messe dominicale en ce jour seront privés. Ce rappel de ce que nous savons de la vie de ce 1e évêque de Jérusalem nous manquera et –pourquoi pas… — de ce qu’il nous permet de découvrir sur une attitude face à la pandémie que nous vivons (a) (b) [1][i]. Commençons par quelques éléments de la vie de l’apôtre recruté par Jésus.

Saint Jacques apôtre et l’Espagne:

Rappelons au départ que l’apôtre est nommé «Le Majeur» —pour bien le distinguer de Jacques le Mineur— «Il était, comme Jean, fils du pêcheur Zébédée. «Tous les trois réparaient leurs filets au bord du lac de Tibériade, quand Jésus et dit aux deux frères : «Suivez-moi» Mc 1,19). Ils assistèrent, l’un et l’autre, *à la guérison de la belle-mère de saint Pierre (Mc 5, 37), à la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5, 41) et à la transfiguration (Mc 9, 2). Chez Mathieu, (20, 20-28), c’est la mère des fils de Zébédée qui demande, un jour, à Jésus : «Ordonne –lui dit-elle—que dans ton royaume, mes deux fils que voici siègent l’un à droite et l’autre à gauche» … rien de moins! À Getsémani, bien que Jésus leur eut recommandé de «veiller et de prier», ils dormaient d’un bon somme alors que Jésus était en agonie, «l’âme triste jusqu’à la mort»

(Mc 14,37)       

*«Jacques apparaît comme un homme passionné, audacieux, ambitieux et décidé. Jésus donnera aux deux frères le surnom de «Boanergès, fils du Tonnerre». (Mc 3,17). De nombreux épisodes des évangiles révèlent ce caractère fougueux» (selon pèlerin.com.).

Si nous écartons la possibilité que Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –question difficile à prouver, entre autre compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors évêque de Jérusalem…! On sait que Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean (Actes 12,2).     

*Et alors… –peut-on vivre la pandémie sans puiser dans le témoignage de 1e chrétiens (ou de la Parole de Dieu) de quoi nous inspirer et nous stimuler…? —comment la présentation de ce patron des espagnols peut-elle éclairer ce que nous vivons…?

Saint Jacques a dû affronter le mal de la vague de la persécution des chrétiens auquel fut soumise la communauté naissante et il l’apôtre y a laissé sa peau. Comme évêque, sa mission l’a obligé : *à alerter, *à éclairer, *à soutenir, *à rappeler le modèle du chrétien, Jésus qui a marché au martyr grâce à la force de l’Esprit qui l’animait.

Le Pasteur est probablement intervenu dans les assemblées dominicales pour  inviter à la prière du soutien. –les premiers chrétiens n’ont-ils pas eu même à fuir …–  avec les moyens à sa disposition, l’apôtre est sûrement intervenu. Aujourd’hui, il serait probablement intervenu d’une façon virtuelle ou autres

Le pape François n’a pas manqué de souligner le courage de prêtres qui ont risqué gros en franchissant les barrières… Téléjournal a  montré des prêtres italiens accueillants des cercueils dans des lieux pour une bénédiction avant l’inhumation obligatoire.   

*Mais revenons au «corps» de l’apôtre.  Quand nous abordons l’après décapitation de cet apôtre qui fut le 1e évêque de Jérusalem, nous sommes soumis à un exercice de «sélection» entre la légende et la découverte d’une réalité probable.

Si nous écartons la possibilité que saint Jacques eut évangélisé la péninsule ibérique… –il est difficile de prouver, entre autre, compte tenu du peu de temps entre la mort de Jésus en l’an 33 et celle de saint Jacques qui meurt en 44, alors qu’il fut évêque de Jérusalem…! On doit s’en tenir au fait qu’il resta à Jérusalem –(mais, voir plus loin > une autre version ©) et d’après les Actes des Apôtres 12, 2 qu’Hérode «supprima par le glaive Jacques, le frère de Jean» vers l’an 44.

C’est le sort de ses restes qui a fait couler beaucoup d’encre tant chez les historiens que chez les poètes qui s’y intéressent   présentement. «Pendant huit siècles, on plaça son tombeau en Palestine ou en Égypte. –affirme un auteur–. Les Espagnols assurèrent qu’il était chez eux, à Compostelle, en Galicie». Pour donner suite à ce récit, selon une tradition, les restes de l’apôtre auraient été mis sur un bateau de la Palestine et apportés en Espagne. De toute façon, ses restes ne sont plus vénérés qu’à Compostelle qui devint, après Jérusalem et Rome, le pèlerinage le plus fréquenté de la chrétienté.

(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.   Une urne –contenue dans un sarcophage richement décorée de scul-ptures de figures – est située dans la crypte qui garde les reliques de St-Jacques. –(personnellement, en 1985, j’ai eu le privilège de célébrer seul

sur son tombeau)–.

St-Jacques de Compostelle; dans la géographie du nord de l’Espagne, est d’abord une commune située dans la province de Corogne (Coruna), en communauté autonome de Galicie. Elle comptait 96.400 h. en 2018. Elle est située à 260 mètres d’altitude –(nous sommes à 605 km au nord-ouest de Madrid)–.

Elle fait partie d’un ancien royaume La Galicie que les Rois Catholiques –Isabelle de Castille et Ferdinand II d’Aragon ont réunie en 1492.

«Comme Venise, –la Galicie—ne possède pas d’Antiquité … Elle est passée de la préhistoire et de l’anonymat… jusqu’à l’apparition de la découverte du tombeau  –on parle d’abord de légende… d’«inven-tion» du tombeau – jusqu’aux années 812-814 (voir La chronique de Turpin et le livre des miracles). Mais qu’en est-il vraiment ?

© Toutefois, un document affirme que : Jacobus «après l’accomplis-sement de sa mission évangélique à travers les terres ibériques, mourrait décapité à Jérusalem –année 44–; ses dépouilles embaumées furent transportées depuis le port de Joppe à Oria-Flavia et la découverte de la tombe au début du IXe siècle, serait à la source de la fondation de Santiago de Compostela…» (Tout Santiago, Xavier Casta Clavell, ed. Escudo de oro s.a. 1980, p.2.

Après plusieurs péripéties, on arrive, en 866, où Alphonse III le Grand fait de ce lieu un évêché; une cathédrale y est inaugurée avec éclat en 899.

«Au IXe s., selon un récit relaté dans la Concordia de Antealtares écrite vers 1077 vivait un ermite nommé Pelayo (Pélage) qui aurait reçu une révélation du lieu du tombeau de saint Jacques par des lumières surnaturelles. Alerté, l’évêque du lieu Théodomir, aurait décidé trois jours de veille et de prières et ordonné des fouilles au cours desquelles on aurait trouvé le «saint corps».

L’image d’un saint cavalier –vous observerez le saint apôtre monté sur son cheval blanc, (*) tuant les infidèles (les Maures) est très importantes dans la légende autour du corps du saint.

Depuis Jean-Paul II, on parle plus de mémorial de saint Jacques, sans utiliser le mot «relique»; Benoît XVI parlera d’un lieu «lié à la mémoire de saint Jacques». C’est alors que nous comprenons mieux les hésitations.

La langue : le galicien : On compte 3.000.000 de locuteurs de la langue officielle de la communauté autonome de Galicie, au côté du castillan, commun à toute l’Espagne. –Le Galicien connut :Os seculos escuros de 1580 à 1640 pendant l’unification de la péninsule ibérique sous les Rois Catholiques. Tout comme le portugais aux consonances identiques; on parle de galaïco-portugais, –il fut même une langue de culture; ainsi, le roi de Castille Alphonso X, Le Sage, aurait rédigé, les Cantigas de Santa Maria –il fut même une langue de culture. Le galicien provient du latin. –À Rome, le tin classique s’était transformé –et déformé—en latin vulgaire apporté par les conquérants romains au XIIe siècle de l’ère chrétienne. Plus on s’éloigne de la Grande Capitale, Rome, plus les divergences s’accentuent et donnent naissance aux langues dérivées du latin parlé de nos jours : principalement: français, espagnol, portugais, italien, roumain, … ainsi que les dérivées dont le galicien (*).

Étymologie : Le mot «Stantiago» est le résultat de la contraction latine Santi Jacobi (littéralement San Jacobo en espagnol), qui devient San Yago en vieux castillan, avant que ceux-ci ne forme qu’un seul prénom.

(*) personnellement –et je le dis sans aucune prétention! –j’ai fait une licence en philologie romane à l’Université de Barcelone. C’est passionnant d’étudier l’évolution des langues parlées aujourd’hui à partir de la transformation du latin vulgaire.    

             .  

+ Pour les pèlerins suivra un (Pèlerinage de St-Jacques de Compostelle.

Les trajets diversifiés… «démonstration de ferveur, de d’hospitalité, d’art et de culture», qui nous parle de manière éloquente des racines spirituelle du Vieux Continuent.  

*«Instauré après la découverte des reliques de Jacques de Zébébée  au début du IXe s, le pèlerinage de Compostelle devient à partir du XIE s un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale». C’est après la prise de Grenade en 1492 que le pape Alexandre VI déclare officiellement St-Jacques de Compostelle lieu de pèlerinage avec Jérusalem et Rome.


(a)[1] Si nos réflexions sur les fêtes chrétiennes ou sur les textes que l’Évangile présente quotidiennement ne nous permettent pas un regard renouvelé sur les situations qui bousculent présentement comment peut-on la présenter comme Bonne Nouvelle… ?  > voir plus bas…

(b) Ces textes avaient été préparés pour ceux qui devaient voyager avec moi, en mai 2020, à l’occasion d’un pèlerinage : Lourdes / St Jacques de Composte/ Fatima. Au moment où ce texte parait, il semble qu’il sera reporté plus en mai 2021 qu’en octobre 2020.  


Abbé Jean Guy Paradis

25 juillet 2020 - Publié par Anne Godbout

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13 juillet 2020 - Publié par Anne Godbout

« Tu seras appelé prophète du Très-Haut. » (Luc 1, 76)
C’est toujours dans la splendeur de l’été que nous célébrons notre fête patronale qui nous invite à remonter jusqu’à nos origines, sous l’inspiration de ce grand personnage de Jean le Baptiste annonçant la venue du Christ, source de notre foi.
« Venus des vastes océans, par-delà l’estuaire,Ils remontaient le St-Laurent, les fjords et les rivières. »
Ces paroles de Robert Lebel renvoient les chrétiens d’ici jusqu’aux temps anciens où la foi semée en ce coin d’Amérique a longtemps défini l’identité de notre peuple. En ce jour de fête nationale, nous célébrons celui de qui Jésus a dit : « Parmi les enfants de la femme, il n’y en a pas de plus grand que Jean.» Habituellement c’est le jour de sa mort, c’est-à-dire de sa naissance à la vie éternelle, qui est choisi pour commémorer la vie d’un saint. Mais exceptionnellement, comme pour Jésus et la Vierge Marie, c’est le jour de la nativité de Jean le Baptiste que nous célébrons. Dès avant sa naissance apparaît donc le rôle unique que Dieu va lui confier dans la révélation : Annoncer le Messie, l’agneau de Dieu qui apporte le salut : « Le voici celui qui vient après moi »,
Je me souviens d’un article du « Time Magazine » rapportant une rencontre célèbre entre le pape de l’époque, Benoît XVI et le rabbin Jacob Neusner. Le journaliste écrit que ces deux grands amis qui se respectent sont d’accord même sur leurs dé-saccords. Il relate cet échange significatif où le rabbin de-mande ce que le Christ a supprimé de la loi. La réponse du pape est claire: « Nothing, rien ». Qu’est-ce qu’il a alors ajouté, reprend le rabbin? La réponse est non moins élo-quente : « Himself, Lui-même ». La personne de Jésus est le centre de notre foi. Déjà Jean le baptiste parlait et agissait ainsi : « Il faut qu’il croisse et que moi, je diminue. »
En cette fête très inspirante qui inaugure la belle sai-son, nous remontons jusqu’à nos racines chrétiennes et, pui-sant dans notre héritage, à la suite de nos ancêtres, nous de-venons à notre tour pour notre monde témoins du Christ ressus-cité et, pour reprendre les paroles d’un autre chant de Lebel, « ouvriers d’Évangile, inlassables semeurs. »
Le printemps 2020 avec sa pandémie marquera un tournant irré-versible dans l’histoire du monde et le peuple d’ici n’échap-pera pas à ces transformations profondes du mode de vie. La fête d’aujourd’hui devrait nous inspirer un renouveau spiri-tuel qui nous motive à puiser à nos racines chrétiennes et à annoncer par toute notre vie la Bonne Nouvelle du salut pro-clamée par Jean le Baptiste et incarnée dans la personne du Christ lui-même. Nos églises ouvrent bientôt leurs portes comme notre foi s’ouvre aussi sur le monde.
« En ce pays qui est le mien, je voudrais tant porter ton Nom! ». De ce même chant, ce souhait répond comme en écho à la devise d’un peuple qui peut dire encore « Je me souviens » de la foi semée un jour sur les bords du grand fleuve et qu’il veut voir fleurir dans le cœur de ses enfants.

24 Juin 2020 ; Ste-RoseClaude Brissette, ptre

24 juin 2020 - Publié par Anne Godbout

La vie n’est pas linéaire. Elle est fluctuante et semée d’embuches : détresse et malheur. Mais, aussi joies, bonheurs et espoir se côtoient et s’alternent. Heureusement.

L’histoire humaine est jalonnée de catastrophes de tout genre. Celle de Covid-19 que nous subissons actuellement nous incite à la réflexion et à la méditation afin de revoir et repenser nos modes de vie et les systèmes de valeurs qu’ils véhiculent quant à nos rapports à tous les domaines de nos activités : l’organisation sociale, l’éducation, l’éthique, l’environnement, l’économie, entre autres.

La pandémie COVID-19 nous rappelle notre fragilité et notre vulnérabilité, mais surtout notre responsabilité. En ces moments difficiles, il est de notre devoir de faire appel à notre conscience, à la sagesse et s’élever spirituellement afin de promouvoir une éthique qui reflète nos valeurs humaines dépourvues de séquelles de notre incohérence vis-à-vis de l’harmonie de la nature. Transgresser les lois de la nature par nos actions artificielles pour la ‘’maîtriser’’, c’est risquer son contrecoup. C’est comme scier la branche sur laquelle on est assis. C’est qu’en fin de compte c’est trahir soi même. ‘’Les idées trahies se vengent’’ écrivait Malek Bennabi. Que faire ? Comment agir donc ?

Une discipline vielle-nouvelle commence à s’affirmer en sciences politiques.  Celle de : Politique et spiritualité.

Ghandi, figure de proue de la spiritualité était politiquement actif au sein du parti du congrès national indien. Il disait : « Je ne pouvais pas mener une vie religieuse à moins de m’associer à toute l’humanité et cela ne pouvait être accompli à moins que je prenne part à la vie politique ». 

On trouve la même perception dans la tradition amérindienne des nations iroquoises : ‘’La spiritualité est la haute forme de conscience politique’’ et  ‘’la conscience spirituelle est la forme la plus achevée de la politique’’[i].

Corinne McLaughlin[ii], auteur de  Spiritual Politics, écrivait   ‘’ (…) Nous serons de meilleurs agents du changement si nous réunissons ainsi la politique et la spiritualité. Un sondage récent a montré que 84% des américains pensaient que « le gouvernement serait meilleur si les lois étaient fondées sur les valeurs morales« .[iii]

En effet, c’est avec l‘engagement comme citoyen-croyant que nous pourrons introduire le changement nécessaire à concrétiser nos aspirations et, par conséquent, nous nous réaliser. Cependant, on ne peut opérer cette dynamique qu’en changeant notre intérieur. ‘’C’est que Dieu ne change point l’état des gens, que lorsque ces derniers changent ce qui est en eux-mêmes’’. Coran, 13, verset 11.

La spiritualité est certes intimement liée à la foi religieuse. Toutefois, elle n’est pas exclusivement religieuse. C’est une dimension de la nature humaine.  Elle est partie intégrante de notre personnalité et de notre identité. Une personne athée a une âme commet tout être humain et est donc pourvue d’une dimension spirituelle.  La spiritualité n’est pas non plus et ne peut être l’opium des peuples. Elle est leur conscience. Vivre sa dimension spirituelle n’est pas sombrer dans le mysticisme.  Mais, plutôt être en symbiose avec le rationnel et le spirituel.  ‘’L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête’’. Pascale Blaise.

L’après-pandémie

Rappelons-nous notre expérience humaine au lendemain de la catastrophe qu’était la seconde guerre mondiale. Plusieurs mouvements empreints d’humanisme ont vu le jour dont celui de citoyens du monde, plusieurs initiatives de bonne volonté comme la déclaration des droits humains de l’ONU. Les principes que comporte cette déclaration trouvent leur origine dans le discours du 6 janvier 1941 du président américain Franklin Roosevelt  sur les quatre libertés.  La liberté d’expression la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin, la liberté de vivre à l’abri de la peur. De nos jours, les  tweets présidentiels sont souvent aux antipodes des ces valeurs cardinaux.

Une certaine fraternité humaine s’était donc manifestée. Mais la guerre froide avait rapidement sapé toutes ces conceptions et ces rêves. Les grandes puissances ont succombé au consumérisme et à la géopolitique d’affrontement pour le contrôle des richesses et pour asseoir leur hégémonie sur les zones d’influence et sur les peuples.

L’après pandémie sera-t-il beaucoup plus un changement imposé par la force des choses que judicieusement pensé ? Sera-t-il conçu en harmonie avec nos aspirations spirituelles et socio-économiques ou bien continuera, sous de nouvelles formes, mais essentiellement comme auparavant, axée sur la course effrénée pour assouvir les instincts du profit matérialiste au détriment du bien-être harmonieux du genre humain ?

Des projets de sociétés sont, ces derniers temps l’objet de réflexion et commence à émerger. Comme celui des sociétés du savoir que prône l’UNESCO et œuvre à construire. Celles-ci ‘’doivent se fonder sur quatre piliers : la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous’’. L’UNESCO collabore avec  d‘autres institutions et organismes comme le Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI) et le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).[iv] Quoi qu’il soit, le futur nous annonce déjà que le projet sociétal se fonde inéluctablement sur les technologies de l’information. Ce qui suscite nos interrogations quant au sort de nos libertés individuelles et collectives.  Elles sont relativement inaliénables, seraient-elles absolument aliénées ou tout à fait inaliénables ?


[i] https://www.bio-scene.org/article/le-message-des-hau-de-no-sau-nee

[ii] Corinne McLaughlin est l’auteur de  Spiritual Politics. Elle est fondatrice et directrice exécutive du « Center for Visionary Leadership » qui propose des programmes éducatifs publics, une formation de leader fondée sur les principes spirituels et des services de consultants. Elle enseignait auparavant la politique à  American University et fut coordinatrice d’une commission pour le développement durable sous le mandat du président Clinton.     

[iii] https://www.cicns.net/Politique_Spiritualite_Reunies.htm

[iv] https://fr.unesco.org/themes/construire-soci%C3%A9t%C3%A9s-du-savoir

ANNEXE

Dans son article sur le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada paru dans la revue Québec Science du 03 octobre 2019, Marine Corniou cite le directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS) qui selon lui « Un virus respiratoire grave serait une catastrophe. Le monde n’est pas prêt à se défendre contre une telle maladie. (…) La sécurité sanitaire mondiale est largement sous-financée. Il faut réparer le toit avant que la pluie tombe, a-t-il martelé. Il faut aussi lutter contre la guerre, la pauvreté, le manque d’infrastructures dans les pays les plus à risque», confiait, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

L’OMS a ajouté en 2018 la « maladie X » sur sa liste des grandes menaces pour la santé mondiale, qui serait provoquée par un agent « potentiellement épidémique encore inconnu. » L’objectif : inciter la communauté internationale à se préparer à tous les scénarios. Probablement à un virus transmis par voie respiratoire, à en croire un rapport du Johns Hopkins Center for Health Security sorti fin 2018. Une sorte de grippe. 

https://www.centerforhealthsecurity.org/our-work/pubs_archive/pubs-pdfs/2018/180510-pandemic-pathogens-report.pdf

Mohamed Bounegta

29 mai 2020 - Publié par Anne Godbout

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