HYMNE À LA VIE!

(finaliste de notre concours 15ème anniversaire, catégorie 1; comment un voyage de Spiritours a transformé votre vie)

Le printemps dernier, je décide de mettre le cap sur la douce Provence pour aller m’enquérir de ce que j’aurais à apprendre sur le chemin de la gratitude et pouvoir goûter, au calme et au silence de la vie monastique. Quelles expériences enrichissantes et surprenantes m’attendaient sur ces chemins inédits, dont une visite au pays intérieur…Comment ce voyage a-t-il opéré une transformation intérieure chez moi? Je pourrais la résumer en trois volets qui continuent de teinter ma vie:  une plus grande ouverture du cœur et de l’esprit, une appréciation des beautés du silence et un sens accru d’émerveillement.
 Nous étions une vingtaine de personnes et nos deux accompagnatrices, Christine Angelard et Laurence Maurin à entreprendre cette odyssée. Toutes deux m’ont aidé à voir les choses autrement, à changer mon regard intérieur. Christine nous entretenait des différentes facettes de la gratitude et de ses effets bénéfiques tant au point de vue physiologique, psychologique que spirituel, ce qui a créé un appel à pousser plus loin ma quête des trésors qui se cachent dans un cœur capable de gratitude au quotidien. Un cadeau précieux de la vie! Quant à Laurence, c’est par sa qualité d’être, son authenticité, son rayonnement intérieur et ses partages de récits, qu’elle a eu un impact sur moi. J’ai appris, par son témoignage, que si on ne peut changer l’autre, c’est à nous de changer en essayant de regarder avec les yeux du cœur. Une plus grande compréhension et confiance s’installent, et en y ajoutant un peu d’humour, on peut désamorcer des situations tendues et tout devient possible, tout peut changer. Ce voyage m’a permis de mettre en pratique, sur les prémisses, cette belle leçon de vie. En adoptant cette approche, la qualité de ma relation venait de prendre une belle couleur.  Il y a des personnes, des événements qui nous marquent et nous aident à grandir, à ouvrir notre esprit et notre cœur pour un plus-vie. Un inestimable cadeau de ce voyage! Merci la Vie!

Tout au long des jours, je m’initiais à l’art d’être présente dans l’instant présent. Et de cet apprentissage, mon âme s’éveillait, au pas à pas, à la joie de l’émerveillement. C’est aussi, l’ambiance et les beautés de la nature entourant les deux abbayes visitées que m’ont amenée à parcourir des chemins inédits, de la beauté du silence, de la capacité de s’émerveiller et par ricochet, de la gratitude, sur des chemins de lumière, chemins de transformation! À l’abbaye de Sénanque, j’ai réappris à apprivoiser le silence : manger en silence me permettait de me recentrer, d’entrer dans un état méditatif favorable à faire monter une prière de louanges ou de gratitude.  J’ai apprécié ces moments de quiétude, où le bavardage souvent superficiel, faisait maintenant place à un temps d’intériorité propice à me reconnecter à moi-même et à la Source qui coule en nous. Mais c’est au sanctuaire de la Sainte Beaume que mon sens d’émerveillement s’est accentué et où j’ai été saisie au plus profond de mon être. Dans ces lieux sereins, dans le silence de cette forêt, j’ai redécouvert un état de pure joie, semblable à celle de l’enfant qui tout en admiration est juste heureux d’être là pour nous partager son bonheur. En marchant et en prenant le temps de s’arrêter, de se déposer ou d’écouter le silence de ces lieux bénis, plusieurs occasions de s’approcher du sacré s’offraient à nous. Et dans cette forêt millénaire, ses sentiers colorés, sa végétation luxuriante, tout m’interpellait mais plus encore, son silence. Jean-Yves Leloup en avait bien saisi le mystère en décrivant ces lieux : « Le cœur pressent qu’il est dans une solitude où Dieu n’est pas étranger.» 

L’événement marquant de ce voyage s’est produit devant l’arbre au cœur sculpté par la nature que j’avais découvert dans un moment privilégié. Il était devenu mon coin secret de méditation.  C’est dans le silence d’une randonnée matinale que je suis allée lui rendre visite une dernière fois avant notre retour au pays. Après un temps passé à méditer devant l’arbre, je m’en retournais allègrement vers l’abbaye lorsqu’une pensée étrange me traversa l’esprit : « Et si le cœur de Dieu se trouvait là, au cœur de l’arbre? » J’ai vite rebroussé chemin de peur de manquer un rendez-vous important, une intuition invitante. Une fois arrivée, je me suis appuyée contre un rocher face à l’arbre, j’ai fermé les yeux et j’ai attendu…rien. J’ai scruté, examiné comme on attend un signe, une parole, un bruit ou une brise légère, toujours rien! J’ai fermé les yeux à nouveau, j’ai humé l’air frais du matin et j’ai fait silence, un long silence…Et dans un ressenti intérieur, une lumière : je L’attendais dehors, Il m’attendait au-dedans. J’ai continué d’écouter ce silence. Je me sentais bien dans cette communion à cette Présence invisible… c’était jusque dans les fibres de l’âme que je ressentais sa Présence, dans un cœur à cœur silencieux. Je savourais, je contemplais comme si je pouvais déjà entrevoir des reflets de cette Beauté indicible. Elle était présente et cela me suffisait. Entrer dans le mystère d’une Présence qui nous habite et pouvoir goûter…un moment de grâce! J’aurais voulu éterniser ces moments d’un pur délice. J’ai dû reprendre le chemin de l’abbaye mais avec une joie profonde qui ne m’a pas quittée depuis.  Je sais que je peux retourner dans ce lieu sacré, dans cet au-delà au fond de moi-même…dans ce silence d’aucune attente. Y-a-t-il plus belle attente que de n’attendre, rien? Tout simplement être…en sa Présence et contempler! Savoir que Dieu est et s’en réjouir. Y-a-t-il plus beau cadeau de la Vie? Comment ne pas faire monter un chant d’allégresse, de gratitude et de pures réjouissances?

Quelques jours avant cette rencontre inoubliable, j’avais embrassé l’arbre au cœur engravé, pensant qu’il était peut-être le présage d’un amour humain, à naître. Mais c’est un autre Amour qui m’attendait. Depuis, j’embrasse le cœur de Dieu, reconnu et engravé en mon âme.  Une telle expérience reste incrustée, à jamais ineffaçable…C’est en vous écrivant ces quelques lignes que je prends encore plus conscience de la beauté du cadeau, donné et reçu. MERCI à LA VIE! Il n’y a rien comme partir au loin pour nous permettre de vivre dans l’inattendu des expériences de transformation intérieure. Ces liens que j’ai créés, les expériences vécues durant ce voyage m’ont permis de naître à moi-même et au divin qui m’habite.  Et il me l’a été donné par pure grâce, car tout est don. Et comme l’écrivait Christine Angelard : « La Vie est un don perpétuel. »

Michelle.M

17 h 51 min - Publié par Anne Godbout

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