L’Inde en onomatopées

À distance, au lu d’un article entre autres, l’Inde peut se voir, se pressentir et se décrire de maintes façons. En fait il y a autant «d’Indes» qu’il y a de visiteurs, chacun en faisant son expérience personnelle.

Le haïku d’entrée en est un exemple. L’inde c’est à la fois l’émerveillement et à la fois sonore… très sonore même. Est-ce à dire qu’il n’y a pas de silence ? Non, mais ils sont rares… il faut savoir les cueillir et, parfois, les cultiver.

Pour quiconque y dépose le pied une première fois il y a aura sûrement un «Ah !» d’allégresse après un si long voyage en avion tout aussi rapidement suivi d’un «Ahhh !» de bonheur au réconfort de la chaleur… puis d’un autre «Ahhhhhh !» rassuré par la prise en charge d’un transport (climatisé, déjà) vers le lieu d’hébergement.

Lors d’une première sortie, il y aura beaucoup de «Oh !» devant le nouveau, devant l’inusité, devant l’inattendu, devant le tumulte, devant la surcharge d’informations et de stimulations tout autant qu’aux incessants contacts causés par cette surpopulation si plus qu’active.

Puis, aux premiers réels efforts de communication, il y aura ces «Hein ?» que l’oreille portera instinctivement à la bouche devant cet accent hindo-british (ou bengali-british) aux tournures polies des années royales. Habituellement, le décodeur universel à la base du cerveau s’ajuste vers le troisième jour… Tika[i] !

Quant aux «Oufs !!», il y en a deux sortes essentiellement : il y a les «Oufs !!» de la circulation (le chien ne s’est pas fait écrasé, mieux encore, comme la circulation est à l’envers et que vous êtes tout mêlé, vous l’avez échappé belle) et, il y a les «Oufs !!» de fin de journée lorsque le corps, enfin, se dépose à l’horizontale soit épuisé, soit contrit, soit en trop plein et sûrement pas indifférent.

Tient, s’il y a une chose (ou un mot) qui n’existe pas en Inde c’est l’indifférence. Vous n’avez qu’à visiter les sites qui parlent du Syndrome Indien pour en saisir la portée[ii].

Finalement les «Bip, biiiiiiiiiiiip !!!» qui retentissent 24heures par jour. En fait, en Inde, comme dans plusieurs autres pays, la circulation se fait à l’oreille ; on rentre les rétroviseurs et on klaxonne pour indiquer la position, pour indiquer l’intention ou pour avertir mais chose certaine… on klaxonne !

Et le code de la route pousse la politesse à vous inciter à klaxonner car c’est écrit en toutes lettres sur les pare-chocs arrière de la plupart des véhicules «Horn Please[iii]!». Alors, en fin de journée, allongé enfin sur un lit douillet… «Bip, biiiiiiiiiiiip !!!». Beaux rêves.

Mais au-delà ces onomatopées, il y a des constantes.

Une des premières constantes à saisir est, vous le devinez, sonore : «Chai, pani ! Chai, pani !!». Une litanie persistante dans les trains. Aussi bien décoder rapidement car ils sont vos deux amis de survie : Chai, le thé ; en fait un thé noir avec lait bouillie et aromatisé. Pani… de l’eau, et de l’eau vous devez en boire en Inde «because» la chaleur et l’humidité.

Deuxième constante et autre mot que vous allez rapidement saisir, souvent avec une petite main (souvent plusieurs petites mains) qui se pointe devant vous : «Rupee!».

La roupie est la monnaie nationale et là, il y a quelqu’un qui vous sollicite, en fait, la sollicitation est passée à l’art extrême en Inde et vous aurez à composer avec cela assez rapidement… attention aux cœurs sensibles et aux grandes âmes.

Ceci dit, la constante la plus intéressante vient du fait que l’Inde est généreuse.

Elle est généreuse d’histoires, de rituels, de croyances, de célébrations, de crémations et de création. Elle est généreuse en couleurs, en odeurs, en saveurs et en surprises de toutes sortes pour les sens. Elle est généreuse d’une flore et d’une faune riche et diversifiée (parfois en danger) et de paysages d’inclusion à ces vies tout aussi éclatés que colorés et luxuriantes par endroit, ou désertique ailleurs. Elle est aussi généreuse de ses endroits de cultes, de temples et de recueillement tout en étant tolérante à toutes ces manifestations de la spiritualité. Elle est accueillante, serviable, intéressée et curieuse… vous ne passerez pas inaperçu.

L’Inde est également généreuse de ses gens de foi tout autant que ses maitres. Parfois ces maitres sont d’une jeunesse déroutante… comme ce jeune moine tibétain venu vous bénir au passage ou cette jeune fille qui vous invite à ne pas tout lui donner vos biscuits afin de pouvoir en offrir aux autres enfants ; l’Inde, à qui sait écouter, est tout aussi féroce de contrastes que nuancée de messages subtils.

Ah oui, comme en Inde «tout est possible», une dernière constante… le défi !

L’Inde est un défi en soi pour nos sens, pour nos croyances, pour nos habitudes, pour notre rythme, pour notre sens social, pour nos préconçus, pour nos manières de transiger, pour nos petits manies, pour nos insécurités, pour notre sens du riche et du pauvre, pour notre foi, pour notre sens de l’équité et, enfin bref, pour notre peur occidentale de la mort…

En ce sens l’Inde est un cri du cœur pour la vie.

Et en revenir indifférent est tout aussi impossible que ne pas vouloir y retourner.

Si l’Inde arrive dans votre vie, si cet article se défile devant vos yeux, c’est qu’il y a un appel.

Allez-vous oser y répondre ?

Namasté !

Guy J. Giguère

Accompagnateur, Spiritours

14 h 51 min - Publié par Anne Godbout

4 Responses to “L’Inde en onomatopées”

  1. Denise Janelle dit :

    J’y suis allée et je n’en reviens toujours pas..Allez-y et avec Guy! Merci pour tout Guy,surtout pour ta bienveillance, ton temps, ton calme, ton sourire et que dire de ton humour… Que c’est dont motivant. À vous tous payez-vous un retour à l’essentiel et n’oubliez pas de lire…..demandez à Guy. Une lecture aussi bien avant que pendant ce grand périple.
    Love and Hug Guy

    • Guy J. Giguère dit :

      WOW, je suis sans mot !
      Merci Denise.
      Et je suis content que tu n’en sois pas encore revenue… :)
      Au plaisir… et ce fut un réel plaisir.
      Guy

  2. Madeleine dit :

    vous parlez d’un voyage en Inde du sud, mais je ne vois que des images de l’Inde du Nord, c’est pas très clair.
    Comment puis-je en savoir plus sur le circuit sud du mois d’octobre et sa dimension spirituelle par ces activités et lieux visités?????8



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