La marche spirituelle, pas vers l’essentiel

Toute marche consciente est une marche spirituelle.

Par définition, dès que la respiration est engagée, on rejoint le «spirituel». De la simple matérialité à l’esprit qu’il évoque, le souffle est le premier et dernier réflexe de l’humain. Ainsi, par sa nature même, ce dernier est un être spirituel. Le voyage d’une vie est en quelque sorte de s’en rappeler. Chaque instant contient son potentiel, mais assurément la marche fait partie des fonctions naturelles qui permettent, comme on dit, de se rappeler qui on est. N’est-il pas vrai que dès les premiers mouvements, l’enfant n’a de cesse de diriger sa volonté et ses muscles vers cet ultime objectif: Marcher. Dès lors, la marche devient partie intégrante de son identité, et ce pour la vie. C’est pourquoi la déambulation contient le potentiel de nous ramener à l’essentiel, c’est-à-dire à soi, ici et maintenant.

 

L’esprit des lieux

Notre rapport à la vie est profondément sensoriel. Dans la marche, le corps se mesure sans cesse à l’environnement, comme le peintre ou le sculpteur devant son oeuvre. Il sent, de tous ses sens, et définit la qualité de son expérience par l’espace qui l’entoure. Or, au quotidien, cette magnifique présence à soi se trouve le plus souvent en veilleuse. Branché sur le pilote automatique, c’est-à-dire notre tout puissant inconscient, la marche n’est plus qu’un réflexe. Une manière commode de cheminer d’un point A au point B. La marche spirituelle est une toute autre affaire. Bien que simple, elle requiert de se déconnecter du mental et s’en remettre à l’intelligence du corps.

De cette manière, un pied sensible qui se pose au sol reconnaît avec finesse le dénivelé ou encore la douceur du chemin. Un véritable contact se crée entre soi et Gaïa, notre belle planète. Alors, les odeurs, les bruissements, le spectacle et les sensations se renouvelant au fil du chemin nourrissent la présence à ce qui est. C’est la marche consciente. Et, lorsque le souffle se fait fluide à travers le rythme d’un coeur pacifié, c’est chaque cellule du corps qui rejoint la cohérence et vibre dans l’allégresse. J’inspire: je nourris | J’expire: je lâche-prise.

Une puissante ritournelle respiratoire qui invite le marcheur à la rencontre de soi. Simple, n’estce pas. Que ce soit en ville ou à la campagne, à la montagne ou à la mer, dans quelques pays de carte postale ou cheminant dans sa rue natale, l’important demeure la présence au souffle et la conscience du corps. La suite appartient à chacun, c’est-à-dire se déplacer sans y penser ou, quand le coeur nous en dit, expérimenter la marche spirituelle, intuitive et festive. Bonne marche!

 

 

Sylvie Alice Royer, auteure «La marche afghane pour tous» Thierry Souccar Editions, fondatrice marcheafghanequebec.com, organisatrice et accompagnatrice de voyage de marche et collaboratrice de Spiritours

 

19 h 58 min - Publié par Anne Godbout

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