La sérénité au creux de notre vulnérabilité

J’ai envie de vous parler à cœur ouvert même si vous ne me connaissez pas. Je suis une femme en pleine crise du mi-temps de la vie. J’ai 47 ans et jamais je n’aurais pensé me retrouver dans cet état intérieur, moi qui chemine spirituellement depuis 30 ans.

J’ai toujours fait face aux remises en question. Toutefois, le tsunami qui prend place depuis plusieurs mois dans ma quête de sens m’a prise au dépourvu. Et je réalise que vivre, c’est accepter qu’à un moment, tout ce qui faisait tellement de sens pour soi n’en fait plus.

Je constate que la vie n’est pas une pente montante ou une montagne dont j’atteindrai le sommet un jour. C’est une idée bien inconsciente pour la plupart d’entre nous qui découle du principe de la dualité. Sans nous en rendre compte, nous avançons dans le quotidien en travaillant, en aimant, en se donnant et surtout en espérant qu’un jour, nous vivrons le bien-être dont nous avons toujours rêvé.

Grâce à mes relations et à mes lectures des derniers temps, j’ai commencé à voir les choses sous un autre angle, dans une autre perspective. Et si mon cheminement personnel était un cercle de danse plutôt qu’une pente montante linéaire? Et si chaque instant était un pas de danse plutôt qu’une enjambée pour gravir une montagne?

Je laisse cette nouvelle perception faire son chemin en moi, comme un éclat de lumière qui se pointe dans la noirceur. Mon corps et mon intellect s’habituent à cette vision des choses. Étonnamment, confiance et sérénité ont émergé au cœur de cette émancipation de ma conscience. Telles de précieuses grâces de l’esprit divin.

Depuis, je saisis que la confiance et la sérénité se développent au sein de notre vulnérabilité. Dans ces situations et ces événements où nous sentons que tout nous échappe. Quand notre volontarisme et notre positivisme ne suffisent plus. Quand il n’y a pas de recettes miracles ou de solutions rapides.

J’ai accepté de plonger dans ma vulnérabilité ainsi que dans mon impuissance. Pas seule cependant. Je le vis dans la conscience qu’un Plus Grand que moi m’accompagne. Je le vis en étant aussi guidée par un mentor spirituel.

Je dois vous avouer franchement que je ne savais pas ce qu’était la sérénité auparavant. Elle s’apparentait à ma puissance, au fait d’exercer un certain contrôle pour que tout aille bien. Si tout allait bien, je pouvais bénéficier d’un état de calme. C’est tellement plus que cela.

La sérénité m’a trouvée lorsque j’ai enfin consenti à ma vulnérabilité. Telle une danse dans les profondeurs de mon être, la relation entre l’une et l’autre crée un mouvement, une énergie qui me tient du dedans et qui me donne une force que je ne me connaissais pas.

En ce début d’année 2020, je demande à ce que la sérénité émerge au sein de toutes les vulnérabilités de ce monde et fasse ainsi naître de nouvelles possiblités et de nouvelles réalités. Oui, que la sérénité nous trouve!

Marie-Josée Arel

N.B. Marie-Josée accompagne un groupe en Tunisie sur le thème « Sérénité au coeur de l’Être » avec Spiritours du 13 au 23 mai 2020. et animera une retraite « Plus grand que soi » au monastère des Augustines du 12 au 14 juin 2020

3 h 39 min - Publié par Anne Godbout

3 Responses to “La sérénité au creux de notre vulnérabilité”

  1. Francine dit :

    Merci pour ce beau partage qui me rejoint et je réalise que la sérénité
    peut être présente au cœur de notre vulnérabilité si nous savons l’accueillir

  2. Sylvie Desbiens dit :

    Texte très inspirant et surtout très vrai. Merci de nous avoir partagé cette tranche de vie.

    Bonne continuité!

  3. danielle girard dit :

    Lumineuse Marie-Josée,

    La montée mystique, le chemin de l’éveil, le « soul awakening » peu importe comment on l’appelle n’est pas un chemin linéaire et progressif.
    Depuis des millénaires tous ceux avant toi et moi qui ont été intimement liés à Dieu on connu des chemins de traverses, des nuits désespérantes qui nous plongent dans le désarroi.
    Ces périodes contribuent à nous faire entrer dans des dimensions de nous-mêmes auxquelles nous aurions préféré ne pas être confrontés.
    Les grandes traditions nous disent qu’il n’y a pas de rapport à Dieu véritable sans connaissance de soi et qu’au terme de cette quête, il faut savoir se pencher et embrasser les parties de nous les plus faibles, les plus rebutantes, les plus déstabilisantes.
    Même en pleine tempête intérieure, tu as raison, l’âme a cette miraculeuse possibilité de rester indéfectiblement liée à Dieu. Elle a cette possibilité de pouvoir trouver refuge dans ce petit bout de sérénité immuable au fond de soi, même si tout le reste bascule.
    Au fond on est chanceuses. Peux-tu seulement imaginer le difficile parcours de ceux qu qui n’ont pas reçu cette grâce. J’ose même pas imaginer comment je ferais sans cette continuelle présence.

    Dieu ne nous épargne pas les nuits, il est avec nous dedans.

    Je pense à toi,

    Danielle


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