Le retour d’un cœur dans sa patrie 

(Texte de notre gagnante au concours 15ème anniversaire, catégorie 1)

La vie est parfois difficile, il s’agit d’un constat de l’existence humaine. Mais même si la vie est parfois difficile, j’ai toujours cru, au plus profond de mon être, qu’elle pouvait aussi être belle, très belle même.  Cependant, voir et ressentir la beauté de la vie comporte, à mon avis, une condition « sine qua non » et cette condition consiste à avoir un cœur pur, un cœur ouvert.

En 2017, la cinquantaine bien sonnée, je pris conscience que « avoir un cœur pur et ouvert » signifiait pour moi d’aller au fond des choses. Je devais absolument revenir à la source, retrouver qui j’étais. Il me fallait partir pour faire la paix, à la fois au passé et au présent.  Bref, je devais me retrouver, marcher dans mes bottines, afin de (finalement!) pouvoir vivre en fonction de mes valeurs profondes.

Il y a donc un an, en août 2017, après y avoir rêvé pendant une bonne quinzaine d’années, je me voyais confrontée à une décision cruciale :  soit je partais sur le chemin de Compostelle, soit j’oubliais à tout jamais ce beau rêve tout à moi de marcher sur ce sentier mystérieux vieux de plus de 1200 ans.  La décision s’imposait d’elle-même :  je devais partir! Je devais répondre à cette quête d’une plus grande paix intérieure.  Je devais répondre à l’appel du chemin.

En août dernier donc, chaussée de mes bons vieux « Merrell » bien cassés, avec comme seuls biens matériels mon sac à dos et son contenu, je partis en compagnie d’un groupe de gens eux aussi en quête de se retrouver.

Car il faut le dire, toutes les expériences que nous faisons, cette vie que nous vivons, tout ceci, à mon avis, n’a qu’un seul but : permettre à notre âme d’évoluer. L’appel de Compostelle était donc une magnifique occasion pour mon âme de grandir et pour mon être de se reconnecter avec une foi plus profonde.

Je me suis donc élancée sur le chemin avec trois souhaits en tête.  Premièrement, je voulais savoir pourquoi j’avais eu, il y a longtemps passé, l’appel du chemin. Deuxièmement, je souhaitais être touchée par la grâce de Dieu et troisièmement, je souhaitais être éclairée sur ma mission de vie après Compostelle.  Trois souhaits, deux pieds, un chemin … les dés étaient lancés.

Bref, sans entrer dans les détails, j’ai vite compris que lorsque l’on se met en route sur le chemin, on réalise rapidement que les réponses aux questions existentielles que l’on se posait avant de partir nous trouvent assez facilement.  Voici un extrait de mon journal de bord (jour 5) et qui fournit une réponse à mon premier souhait de savoir pourquoi j’avais eu la piqûre du chemin :

« J’ai réalisé aujourd’hui que j’aime ça marcher, que cela fait plaisir à la petite Rachel Josée, mon enfant intérieur. 

Marcher de longues heures me permet de décrocher de mes préoccupations, de mes questionnements, bref, d’expérimenter un état de bien-être qui me reconnecte avec la partie lumineuse en moi, cette partie à l’intérieur de nous où tout est beau, où tout est pur. Je réalise que beaucoup de choses sont apprises dans le silence et sur le chemin, on vit de très grandes périodes où l’on est seul avec soi-même. 

Aussi, le chemin de Compostelle est un chemin d’étoiles.  Ces étoiles guident nos pas sur le sentier, mais il nous invite aussi à nous aventurer sur le chemin du cœur, un chemin si peu fréquenté. 

Bref, au moment d’écrire ces lignes, je souris en réalisant qu’il m’a fallu traverser un océan, voire changer de continent, juste pour comprendre un si simple message. »

Voilà donc l’essentiel du pourquoi je suis partie marcher.  Je devais marcher pour répondre à un appel du cœur voire pour (ré)entendre battre mon cœur. Je devais répondre à une quête qui se voulait davantage spirituelle que religieuse. Je devais marcher pour répondre à un désir profond de partir pour mieux revenir, pour vivre pendant un certain temps dans une simplicité choisie, pour comprendre mes peurs et mes blocages, pour guérir, pour arrêter le temps bref, pour toutes ces raisons et plus encore.  N’était-ce pas là d’excellentes raisons de marcher?

Sur le chemin, j’ai aussi eu l’impression de voyager dans le temps.  Parmi les fermes, les animaux, les champs, les « bouses » de vaches, j’ai appris à respirer au rythme de mes pas.  Bref, un pas à la fois, parfois en grimaçant, parfois en pleurant, parfois en souriant, mais plus souvent qu’autrement en méditant, j’ai continué d’avancer et j’ai reconnecté avec la vie et l’univers.

Il faut dire que jour où je me suis aventurée sur le chemin, c’était comme si je partais à la recherche d’un trésor inconnu avec comme seul guide une vieille carte secrète.  Ce trésor, vous l’aurez deviné, je l’ai trouvé et c’est mon moi véritable.  Il s’agit de la récompense ultime et oh combien attendue qui s’est présentée au bout du chemin.

Je pourrais continuer encore et encore mais en guise de conclusion, je dirais que de faire l’expérience du chemin de Compostelle est encore aujourd’hui, et ce un an après mon retour, une aventure difficile à décrire.  Bref, il n’y a aucune comparaison avec tout ce que j’ai vécu auparavant. Au retour l’automne dernier, j’ai dû prendre du recul afin de bien comprendre l’ampleur de ce que j’avais vécu là-bas.  Comme un bon vin, il m’aura fallu plusieurs longs mois pour « décanter » tout cela.  J’apprends encore à intégrer, et ce dans les différentes sphères de ma vie, ce que le chemin m’a appris.

Aujourd’hui, je peux dire sans équivoque que mon expérience ainsi que mes « apprentissages compostelliens » comme j’aime bien les appeler, ont changé beaucoup de choses en moi et autour de moi.  Je me sens désormais plus connectée, plus sereine, plus positive mais surtout plus libre d’afficher qui je suis : un être spirituel en quête d’une plus grande connexion avec la partie divine en soi.

Bref, depuis mon retour, j’ai aussi eu à faire des choix importants comme celui de ne plus m’identifier à travers une profession, des diplômes, un réseau d’amis bien branchés. Je suis plus « zen », plus connectée avec la partie lumineuse en moi, cette partie à l’intérieur de moi où tout est beau, où tout est pur.  C’est comme si j’avais finalement retrouvé mon bel oasis de paix.

Aussi, j’ai de moins en moins besoin de la validation des autres. Je cherche de moins en moins à l’extérieur de moi ce qui se trouve à l’intérieur de moi.  J’ai enfin compris que l’opinion des autres n’est que cela … l’opinion des autres.  Et Dieu sait qu’elle leur appartient.

Je connais (enfin!) la valeur et la beauté de la femme que je suis devenue. Merci à la vie pour cette belle et grande découverte.  Merci à Spiritours pour cette belle aventure.

Finalement, j’ose espérer que ce court partage de mon expérience de Compostelle aura su vous ouvrir le cœur et l’esprit à autre chose, à quelque chose de plus grand.  J’aurais aussi le goût de vous dire : sortez des sentiers battus, affichez votre unicité et partez à la conquête de qui vous êtes.  Bref, permettez vous aussi à vos rêves de s’épanouir et de se réaliser.  Vous le méritez bien!

En ce qui me concerne, il y a dorénavant un « avant » et un « après » Compostelle dans ma vie et vous savez quoi?  Et bien, je meure d’envie de repartir à l’aventure.

Merci de m’avoir lue jusqu’à la fin.

Rachel vers Compostelle

(Gagnante de notre concours 15ème anniversaire, Transformez votre vie avec Spiritours, catégorie 1)

Partez à Compostelle avec des spécialistes, petits groupes avec accompagnateur: http://spiritours.com/compostelle/ 

13 h 24 min - Publié par Anne Godbout

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