L’ÉPREUVE DE LA PANDÉMIE EST CERTES DÉVASTTRICE. L’APRÈS-PANDÉMIE SERAIT-Il RÉPARATEUR ?

La vie n’est pas linéaire. Elle est fluctuante et semée d’embuches : détresse et malheur. Mais, aussi joies, bonheurs et espoir se côtoient et s’alternent. Heureusement.

L’histoire humaine est jalonnée de catastrophes de tout genre. Celle de Covid-19 que nous subissons actuellement nous incite à la réflexion et à la méditation afin de revoir et repenser nos modes de vie et les systèmes de valeurs qu’ils véhiculent quant à nos rapports à tous les domaines de nos activités : l’organisation sociale, l’éducation, l’éthique, l’environnement, l’économie, entre autres.

La pandémie COVID-19 nous rappelle notre fragilité et notre vulnérabilité, mais surtout notre responsabilité. En ces moments difficiles, il est de notre devoir de faire appel à notre conscience, à la sagesse et s’élever spirituellement afin de promouvoir une éthique qui reflète nos valeurs humaines dépourvues de séquelles de notre incohérence vis-à-vis de l’harmonie de la nature. Transgresser les lois de la nature par nos actions artificielles pour la ‘’maîtriser’’, c’est risquer son contrecoup. C’est comme scier la branche sur laquelle on est assis. C’est qu’en fin de compte c’est trahir soi même. ‘’Les idées trahies se vengent’’ écrivait Malek Bennabi. Que faire ? Comment agir donc ?

Une discipline vielle-nouvelle commence à s’affirmer en sciences politiques.  Celle de : Politique et spiritualité.

Ghandi, figure de proue de la spiritualité était politiquement actif au sein du parti du congrès national indien. Il disait : « Je ne pouvais pas mener une vie religieuse à moins de m’associer à toute l’humanité et cela ne pouvait être accompli à moins que je prenne part à la vie politique ». 

On trouve la même perception dans la tradition amérindienne des nations iroquoises : ‘’La spiritualité est la haute forme de conscience politique’’ et  ‘’la conscience spirituelle est la forme la plus achevée de la politique’’[i].

Corinne McLaughlin[ii], auteur de  Spiritual Politics, écrivait   ‘’ (…) Nous serons de meilleurs agents du changement si nous réunissons ainsi la politique et la spiritualité. Un sondage récent a montré que 84% des américains pensaient que « le gouvernement serait meilleur si les lois étaient fondées sur les valeurs morales« .[iii]

En effet, c’est avec l‘engagement comme citoyen-croyant que nous pourrons introduire le changement nécessaire à concrétiser nos aspirations et, par conséquent, nous nous réaliser. Cependant, on ne peut opérer cette dynamique qu’en changeant notre intérieur. ‘’C’est que Dieu ne change point l’état des gens, que lorsque ces derniers changent ce qui est en eux-mêmes’’. Coran, 13, verset 11.

La spiritualité est certes intimement liée à la foi religieuse. Toutefois, elle n’est pas exclusivement religieuse. C’est une dimension de la nature humaine.  Elle est partie intégrante de notre personnalité et de notre identité. Une personne athée a une âme commet tout être humain et est donc pourvue d’une dimension spirituelle.  La spiritualité n’est pas non plus et ne peut être l’opium des peuples. Elle est leur conscience. Vivre sa dimension spirituelle n’est pas sombrer dans le mysticisme.  Mais, plutôt être en symbiose avec le rationnel et le spirituel.  ‘’L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête’’. Pascale Blaise.

L’après-pandémie

Rappelons-nous notre expérience humaine au lendemain de la catastrophe qu’était la seconde guerre mondiale. Plusieurs mouvements empreints d’humanisme ont vu le jour dont celui de citoyens du monde, plusieurs initiatives de bonne volonté comme la déclaration des droits humains de l’ONU. Les principes que comporte cette déclaration trouvent leur origine dans le discours du 6 janvier 1941 du président américain Franklin Roosevelt  sur les quatre libertés.  La liberté d’expression la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin, la liberté de vivre à l’abri de la peur. De nos jours, les  tweets présidentiels sont souvent aux antipodes des ces valeurs cardinaux.

Une certaine fraternité humaine s’était donc manifestée. Mais la guerre froide avait rapidement sapé toutes ces conceptions et ces rêves. Les grandes puissances ont succombé au consumérisme et à la géopolitique d’affrontement pour le contrôle des richesses et pour asseoir leur hégémonie sur les zones d’influence et sur les peuples.

L’après pandémie sera-t-il beaucoup plus un changement imposé par la force des choses que judicieusement pensé ? Sera-t-il conçu en harmonie avec nos aspirations spirituelles et socio-économiques ou bien continuera, sous de nouvelles formes, mais essentiellement comme auparavant, axée sur la course effrénée pour assouvir les instincts du profit matérialiste au détriment du bien-être harmonieux du genre humain ?

Des projets de sociétés sont, ces derniers temps l’objet de réflexion et commence à émerger. Comme celui des sociétés du savoir que prône l’UNESCO et œuvre à construire. Celles-ci ‘’doivent se fonder sur quatre piliers : la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous’’. L’UNESCO collabore avec  d‘autres institutions et organismes comme le Forum sur la gouvernance de l’Internet (FGI) et le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).[iv] Quoi qu’il soit, le futur nous annonce déjà que le projet sociétal se fonde inéluctablement sur les technologies de l’information. Ce qui suscite nos interrogations quant au sort de nos libertés individuelles et collectives.  Elles sont relativement inaliénables, seraient-elles absolument aliénées ou tout à fait inaliénables ?


[i] https://www.bio-scene.org/article/le-message-des-hau-de-no-sau-nee

[ii] Corinne McLaughlin est l’auteur de  Spiritual Politics. Elle est fondatrice et directrice exécutive du « Center for Visionary Leadership » qui propose des programmes éducatifs publics, une formation de leader fondée sur les principes spirituels et des services de consultants. Elle enseignait auparavant la politique à  American University et fut coordinatrice d’une commission pour le développement durable sous le mandat du président Clinton.     

[iii] https://www.cicns.net/Politique_Spiritualite_Reunies.htm

[iv] https://fr.unesco.org/themes/construire-soci%C3%A9t%C3%A9s-du-savoir

ANNEXE

Dans son article sur le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada paru dans la revue Québec Science du 03 octobre 2019, Marine Corniou cite le directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS) qui selon lui « Un virus respiratoire grave serait une catastrophe. Le monde n’est pas prêt à se défendre contre une telle maladie. (…) La sécurité sanitaire mondiale est largement sous-financée. Il faut réparer le toit avant que la pluie tombe, a-t-il martelé. Il faut aussi lutter contre la guerre, la pauvreté, le manque d’infrastructures dans les pays les plus à risque», confiait, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

L’OMS a ajouté en 2018 la « maladie X » sur sa liste des grandes menaces pour la santé mondiale, qui serait provoquée par un agent « potentiellement épidémique encore inconnu. » L’objectif : inciter la communauté internationale à se préparer à tous les scénarios. Probablement à un virus transmis par voie respiratoire, à en croire un rapport du Johns Hopkins Center for Health Security sorti fin 2018. Une sorte de grippe. 

https://www.centerforhealthsecurity.org/our-work/pubs_archive/pubs-pdfs/2018/180510-pandemic-pathogens-report.pdf

Mohamed Bounegta

13 h 07 min - Publié par Anne Godbout

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