Un grand merci pour continuer de nous garder informés et de nous soutenir, nous de la famille élargie de Spiritours. C’est un baume pour l’âme que de se savoir partie intégrante même à distance, mais toujours si près du cœur. 

J’ai tellement de précieux souvenirs imprégnés au fond du cœur et de mon âme, que ce soit en Terre Sainte avec Robert Lebel, au Costa Rica avec Frédéric Lenoir ou en Provence avec Christine Angelard, que je ne peux que faire monter un chant de gratitude chaque fois que ces doux souvenirs remontent à la surface.  Chacun de ces voyages au loin m’ont amené toujours plus près de mon être profond et m’ont fait cheminer comme aucune autre école de croissance personnelle n’aurait pu le faire. C’est toujours avec le recul du temps que l’on  peut apprécier à sa plus juste valeur les bienfaits que l’âme reconnaît avoir reçus et accueillis en toute gratuité. 

Je parle encore aujourd’hui de ces voyages et de mes expériences enrichissantes comme si c’était hier, tellement la joie ressentie sur chacun des chemins empruntés est toujours aussi nourrissante… comme si elle avait été incrustée jusque dans les cellules du corps aussi bien que dans ma mémoire émotionnelle. Et je sais que rien, ni personne  ne pourra jamais me les enlever ou les faire disparaître.  Les événements vécus en compagnie de d’autres pèlerines et pèlerins avaient un goût d’infini, d’ éternité qui ont comblé l’âme en quête d’ absolu… Ce sont ces moments bénis qui m’aident aujourd’hui, dans ces temps plus difficiles, à continuer la route portant ma petite lampe allumée pour les compagnes et compagnons de route de mon milieu et de mon quotidien…que je les rejoigne dans la contemplation par la prière ou encore dans l’action par des  échanges virtuels ou par les autres moyens de communication à ma disposition. Même au loin, je n’ai jamais été aussi près de mes proches, famille et amis. 

Une marche solitaire à la Grotte de Sainte Marie-Madeleine, comme une longue montée vers l’Absolu dans une forêt enchanteresse…


…qui parle et ne cesse d émerveiller l âme à l’écoute…

En terme de conclusion, je veux tout simplement réitérer ma plus vive reconnaissance à toi et à toute votre équipe pour nous avoir permis de vivre de tels moments de plénitude, de béatitude…et de garder la communion des cœurs.

Soyez bénis abondamment  vous  de  la grande famille Spiritours où que vous soyez aux quatre coins de la planète!

Dans l’espérance de pouvoir continuer la route au loin et au fond de moi, en la compagnie  bienveillante de Spiritours, je vous serre très fort sur mon cœur dans l’attente, un jour, de vous ouvrir les  bras…*

De tout coeur.

Michelle Michael

25 mai 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Introduction.

La belle citation, préfiguration littéraire de Jean de la Fontaine, dans Les animaux malades de la peste: ʺ ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient atteints ‘’, peut être une illustration parfaite dans le comportement de plus d’un en cette période de la pandémie Covid-19 qui met tout le monde en déroute. Oui,  jeunes et vieux, petits et grands, noirs et blancs, riches et pauvres…. ,tous sommes atteints par une grande  psychose de peur devant ce virus dont les effets, à coût sur, sont dévastateurs.

L’irruption du Covid-19, ce microorganisme infiniment petit de moins de 1mm de diamètre, facilement maîtrisable avec la chaleur et l’alcool à plus de 70 %, dans l’organisme humain réduit et détruit le système de défense possible de l’armée naturelle du corps humain causant ainsi des pathologies graves susceptibles de conduire à la mort.

Mais hélas ! à défaut  d’ une réponse médicale ( moyens curatifs et préventifs) convaincante à l’ heure qu’ il est, de l’ expertise adéquate pour comprendre et saisir exactement  la subtilité de ce  virus  et surtout l’ absence déconcertante de l’ équipement pour y faire face ; la lutte contre le covid-19 ouvre une autre grande brèche  sur des questions existentielles du genre: « où est Dieu pour dédouaner le monde de cette calamité ? » ;« pourquoi peut-il permettre une résurgence d’une telle pandémie qui cause du fil à retordre à l’existence humaine ? ». Certaines langues fondamentalistes vont carrément jusqu’ à la confirmation d’un châtiment divin.

  1. L’amour inconditionnel de Dieu.

Au regard  du récit de la création du monde, le livre de la Genèse (Gn 1,1-2,4) ne nous présente t- il pas une belle image de Dieu qui, non seulement est Père créateur mais aussi celui qui fait toute chose belle pour le plein épanouissement et la bonne réalisation de l’homme ?

Alors cette question existentielle « où est Dieu ? » ou « où est son amour ? » dans cette situation déconcertante que traverse le monde, nous renvoie explicitement au terme de responsabilité consciente de l’homme quant à la gestion du monde lui ayant été confiée, pour l’harmonie et le bon fonctionnement de ce dernier. D’ailleurs, une bonne lecture du récit biblique de la création laisse entrevoir la distinction entre l’homme et les autres créatures. En effet, la différence  est  mise en évidence par le fait que seule sa création est le fruit d’une décision spéciale de la part de Dieu et d’une délibération établissant   un lien particulier et spécifique avec le Créateur : « Faisons l’homme  à notre image, selon notre ressemblance. »(Gn 2, 26)

            A ce sujet, l’anthropologie chrétienne, parmi les repères étiques qu’elle propose, voit en l’homme le « gérant de la création » et partant, « co-créateur ». Au sens fort du terme, l’homme est investi d’une mission et d’un pouvoir  sur cette planète, voire sur l’immensité   du monde visible pour faire toute chose belle pour l’avancement d’une  humanité  meilleure. Certainement, ce refrain du psaume 8 : «  O Seigneur notre Dieu qu’il est grand ton nom par toute la terre » ; cet élan du cœur exprimant la bonacité de Dieu n’a d’autre objectif que celui de faire entendre la préséance de l’amour de Dieu pour l’éternité.

 Toutes tentatives de solutions pour résorber, dans le temps, cette pandémie de covid-19 doivent être vues comme atouts nécessaires qui entrent dans les prérogatives légitimes de l’homme d’ être co-créateur du monde et non comme, la résultante d’ une incapacité alarmante à porter une solution urgente à un problème pressant. Pour cela, entre dans ce même registre ,faits et gestes, attention soutenues à l’ endroit de ceux qui portent le virus et de ceux qui se dépensent pour trouver des voies de solutions, encouragement pour ne pas tomber au désespoir et au fatalisme, la compassion,  la chaîne de solidarité en sachant que quiconque peut éviter ce virus mais tout le monde peut le contracter, la collaboration dans l’ échelle planétaire de tous ceux qui ont compris que l’ homme a reçu de Dieu la mission d’ être acteur  actif et, cela d’ une manière désintéressée pour le renouvellement incessant de la création et non, un spectateur qui subirait les aléas de l’ histoire.

Il est ici question d’une interpellation de taille qui rappelle à l’homme qu’il est tenu à rentrer dans sa vocation première  évitant tout égarement qui porterait préjudice à l’œuvre même de la création. Pour cela, il lui faut une éthique morale rigoureuse dans ses investigations techniques macroscopiques et surtout microscopiques tout en sachant que le primat de la vie à sauvegarder, à tout prix, n’a pas de commune mesure.

Pour le cas d’espèce, s’agissant de Covid-19, n’est-t-il pas permis de croire que l’homme est allé plus loin dans l’investigation de la nature, toute belle créée par Dieu, en manipulant la base génétique fondamentale, susceptible de l’harmonie vitale, jusqu’ à produire quelque chose que lui-même n’arrive pas à maitriser ? Ainsi, avouons-le, la recherche de la maîtrise du monde de l’infiniment petit (monde microscopique) doit amener l’homme à s’ouvrir et à comprendre celui qui est l’infiniment grand, maître et auteur de ce qui est infiniment petit sous réserve de  corriger ce qui est incorrigible.

On peut alors comprendre Lambert Nieme, citant H. Jonas, lorsqu’il constate qu’avec « la technique moderne, on assiste à deux grandes mutations : la transformation de l’agir humain et le fait que même  l’homme devient l’objet de la technique. Celle-ci ne porte plus exclusivement sur le réel extrahumain mais va jusqu’à affecter l’existence au niveau même de sa constitution substantielle »[1] .

Venons-en ici au concept de la liberté. Dieu concède à l’homme dès l’origine une richesse inaliénable qu’est la faculté de jouir de sa liberté. Mais il s’agit d’une liberté responsable qui ne cherche pas, avant toute chose, à assouvir ses rêves les plus fous mais au contraire, à  rechercher la réalisation de ce qui peut contribuer au dessein voulu de Dieu en faveur de l’humanité. Qui plus est, argumente André Lomboloka, « la vrai liberté est la capacité de prendre position en face de l’appel de Dieu en vertu d’une participation à la liberté divine, source de celle de l’homme. Dieu est libre, l’homme l’est aussi. Sa liberté est un don qu’il  reçoit de Dieu par le Christ »[2]. C’est en lui que s’accomplit la loi ». (Rm 10, 4 ; Gal 5,1).

Par contre la liberté ne signifie pas libertinage. En effet, au dire de Jean-Paul II,  une  « conception pervertie de la liberté »[3] favorise la « culture de la mort »[4]. Raison pour laquelle, tout en concédant la liberté à l’homme, Dieu prévient aussi le danger possible pour ne pas sortir du cadre du bonheur et de l’épanouissement: « tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance car le jour où tu en mangeras tu devras mourir » (Gn 3, 16). 

Ainsi, sonna le glas qui doit résonner à temps et à contre temps de notre  existence et, bien plus  en ce moment difficile de la pandémie Covid-19 afin d’user de notre liberté dans le sens de poser des actes responsables et réfléchis qui favorisent la protection et le maintien de la vie. Une liberté qui ne démotive  pas  mais plutôt celle qui tient au respect strict de la valeur et de l’inviolabilité de la vie humaine.

De ce fait, la soif effrénée du développement pris dans son sens de la création du bien- être ne soustrait, en aucun cas, l’homme à son devoir moral de responsabilité à témoigner les uns les autres pour faire barrière à ce fléau planétaire. Nous pouvons également faire mention à toutes les innovations techniques modernes qui portent le souci de résoudre le problème de la productivité abondante, comme le cas des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui, sans peur d’être contredit, causent des dégâts aussi dangereux à l’échelle planétaire.

La question de fond serait alors celle de savoir : « quel est le seuil du tolérable possible à ne pas dépasser pour ne pas se retrouver face à des écueils qui nous portent à remettre en cause la présence et l’amour de Dieu au milieu de nos souffrances ? ».Ceci étant, toute attitude de se défaire du filagramme de la considération de l’homme par Dieu(ne craint pas, tu as du prix à mes yeux, Es 43,1) ouvre le champ à une attitude de fatalisme qui désarmerait l’homme de tous ses atouts de confiance. Confiance en soi (capable de raisonner, d’accepter sa condition et d’assumer en responsable ses actes et de chercher la solution dans la bonne direction), confiance par rapport aux autres (les autres m’aident à comprendre ce que je suis réellement pour la prise des décisions utiles dans la vie) et surtout la confiance en Dieu (toujours présent au rendez-vous de notre vie en nous proposant de bonnes solutions par le biais de notre conscience).

D’ailleurs, un aperçu historique de l’évolution du monde ne nous montre t-il pas que Dieu est toujours présent et chemine avec l’homme dans ses joies et dans ses peines ? Ne crains pas tu as du prix à mes yeux  (Is 43, 1), (Lumen Gentium nº 1) ou « je serai avec vous jusqu’à la fin du temps » (Is 41,10). Combien n’y a-t-il pas eu des pandémies redoutables dans ce monde avec effets dévastateurs comme en témoignent ces chiffres ?

  1. 1320 : épidémie de la peste noire avec conséquence lourde en perte en vie humaine ;
  2. 1520 : épidémie de la variole, entre 2,5 à 3 millions de morts ;
  3. 1620 : une étrange maladie a décimé une grande partie ;
  4. 1720 : la peste de Marseille entre 30000 à 40000 morts sur une population de 90000 habitants ;
  5. 1820 : le cholera avec une dizaine de milliers de morts ;
  6. 1920 : la peste pneumonique ou grippe espagnole. Environ 1000000 de morts ;
  7. 2020 : covid-19, avec en ce jour environ 500000cas des décès selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Eu égard à cette statistique macabre, il y a lieu de se lever et de clamer haut et fort, comme le psalmiste : Ton amour Seigneur est sur nous comme notre espérance est en toi ; car de toutes les pandémies aucune  n’a déjà eu le dessus sur l’œuvre de la création, fruit de l’amour et de la main puissante de Dieu.

Et c’est ici de s’interroger sur la bonne attitude qui caractériserait notre agir afin de lutter ensemble contre cette pandémie mondiale. Ainsi, au-delà de tous les moyens matériels possibles (sanitaires, médicaux, techniques, financiers), de l’ impératif de responsabilité ( toujours être conscient que la contamination des autres peut passer par moi, d’où ma contribution de lui barrer la route) et de devoir de solidarité ( penser au bien des autres autant qu’à moi-même) ; Dieu dans son amour a infusé dans chacun de nous une arme pouvant aider à assumer, à sublimer et à lutter avec confiance afin de sortir la tête haute face à cette pandémie.

En ce temps de crise sanitaire, l’exemple de l’expérience de la vie relationnelle de Jésus avec son Père peut nous être bénéfique pour trouver les moyens nécessaires dans le méandre de cette lutte. Au travers de sa passion, Jésus nous enseigne la meilleure manière de lutter contre tout ce qui peut nous amener à réduire en nous la plénitude de la vie reçue gratuitement de Dieu. Et le maître-mot sera toujours la « confiance ».


[1]NIEME, L.,Fondements de l’impératif d’exister de l’humanité, France, Editions Persée, 2016, p.17

[2]LOMBOLOKA. A., Evangelium Vitae : une culture chrétienne de la vie, in Kola Info,  Revue de l’Equipe Missionnaire  pour l’Evangélisation, Pax Christi, Bièvre, Belgique, 2001, pp.45-60.

[3]Evangelium Vitae, n° 18.


  1. La confiance ne déçoit pas. (Ps. 13. 6)

En exprimant sa confiance en son père, Jésus à lutter jusqu’au prix de sa vie pour que Satan(le mal) ne prenne pas le dessus sur lui.                            Etant une vertu c’est-à-dire ,une aptitude qui concède en nous la capacité d’accomplir ce qui est bien en agissant d’une manière digne devant Dieu, la confiance réduit les limites du doute et d’incertitude pour s’ouvrir à nous-mêmes, aux autres et surtout à Dieu avec sincérité. Raison pour laquelle, la confiance de Jésus l’a conduit sur un chemin de sacrifice réalisé avec amour dans le seul souci de ne pas donner raison à ses détracteurs. Pour illustration: 

  1. Sa tentation par trois fois  au désert (Lc 4,1-13), Jésus va en sortir victorieux au nom de sa confiance toute placée en son père (Jésus lui répondu : « il est dit : tu ne mettras pas à l’épreuve le seigneur ton Dieu » Lc 4,12) ;
  2. Sa trahison par l’un de ses apôtres, certainement qui avait sa confiance parce que gestionnaire de la bourse commune (Mc 14,10-11) ;
  3. Son reniement par celui-là qui solennellement avait reçu de lui la charge de conduire la barque après lui et solennellement avait formulé les vœux de ne pas le trahir (Mc14, 29) ;
  4. Son abandon par tous ceux-là qui ont bénéficié de ses enseignements nouveaux qui ouvrent à la grâce et au salut en scandant : crucifiez-le ! (Mc 15,13) ;
  5. Sa mort sur la croix (Mc 15,34).

Au regard de cette expérience de Jésus, ce qui est déterminant à relever, pouvant soutenir l’expérience de tous ceux qui souffrent suite au Covid-19 , ce n’est pas, sans  nul doute, la souffrance qu’il avait endurée dans son corps et dans son âme mais plus sa capacité de se maintenir ferme dans la confiance totale en son père afin de ne pas annuler toute l’espérance d’Israël d’avoir un Dieu fidèle à son amour (Ps 117,5-7).

Notre acte de foi, ne nous rassure t-il pas que : « Dieu est la vérité même qui ne peut ni se tromper ni nous tromper » ? Si Dieu est toujours fidèle et, en aucun cas, il peut nous tromper ; c’est même la raison d’être de notre vie. Souffrance ou pas, richesse ou pas, maladie ou pas… l’essentiel est de nous savoir aimer jusqu’au moment le plus sombre de notre vie. Car, s’il n’y a plus confiance dans notre vie pourquoi vivons-nous alors ?

Les contingences de la vie étant, Covid-19 par exemple, ne peuvent pas entrainer une limitation de cette richesse de confiance que Dieu dans son amour a infusé en nous. Lui qui a toujours le dernier mot en faveur de tous ceux qui souffrent (Jb 19,25-27). Le manque de confiance, à tout le niveau de la vie, ouvre la porte à une série des frustrations intérieures qui conduisent au désespoir et partant,  à une négation même de la vie comme un don gratuit et merveilleux de Dieu. Plutôt que de perdre espoir, dans la souffrance, l’homme doit se confier au Seigneur ; une occasion de découvrir une de ses vocations humaines, celle de participer à la souffrance rédemptrice du Christ, laquelle souffrance a racheté toutes les souffrances humaines.

Dans sa souveraine majesté, Dieu étant  Dieu, personne ne peut le faire exister selon son entendement. Mais la dimension de notre confiance en lui et de notre espérance en lui offre des horizons nouveaux pour recevoir, par le biais de la foi, la quiétude possible indispensable pour une vie accomplie.

Il est à noter que, la confiance dont il est question, n’est pas à confondre avec l’optimisme qui, du reste, relève de l’espoir ; car l’espoir reposant sur une analyse humaine peut se tromper. Ce faisant, au milieu de cette turpitude donnant  l’impression à l’arrêt du monde, nous sommes tenus à avoir confiance en soi.  De la sorte, notre confiance donnera  une voie d’accès à celle en Dieu rendue possible par une vie d’intimité profonde.

Ce qui nous laisse comprendre que la vraie guérison qui procure la joie et la quiétude est avant tout une guérison intérieure (Ap 3,20). On peut bien souffrir dans son corps mais tout en restant serein et épanouit dans sa vie, et dédouané de la peur qui limiterait toutes les possibilités d’une guérison extérieure (physique). C’est là que Dieu se réalise comme Père bon et aimant (Is 65,19-20) ; cet accompagnateur silencieux ou ce médecin invisible qui souffre avec le souffrant, qui compatit, qui chemine et qui guérit dans un silence silencieux. Et, qui lui ouvre son cœur, le verra présent toujours au rendez-vous.

  1. Conclusion.

Dans quelle ligne s’inscrit notre exposé face aux défis de la situation sanitaire de l’heure ?

  • Conscient de la gravité de la  pandémie du covid-19 avec ses conséquences très fâcheuses qui secoue le monde, il est plus qu’urgent que chacun selon ses capacités puisse être capable de justifier sa confiance en Dieu et son espérance de voir vaincu cette pandémie devant ceux qui nous en demandent avec raison.

En d’autre registre de langage, ne nous laissons pas aller au découragement et ne renonçons pas à l’espérance.

  • D’où, l’impératif de la responsabilité et le devoir de solidarité incombent à nous tous si nous voulons dans un bref avenir redorer la joie de vivre dans les cinq coins du monde et d’affirmer avec certitude : Seigneur ton amour est sur nous comme notre espérance est en toi…

Père Jean-Bosco Kiabilua Landana, Omi

20 mai 2020 - Publié par Anne Godbout

Encore un pas de plus…

L’été dernier, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe sur le chemin de Compostelle. Ce fut toute une aventure, en quelques jours nous avons parcouru plus de 275 kilomètres. C’était ma deuxième expérience sur le chemin. La première fois, j’ai parcouru la distance du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en France à la ville de Burgos et la deuxième fois j’ai eu la chance de faire une partie du chemin côtier.
Plusieurs personnes m’ont demandé comment on peut faire le chemin. Je leur réponds simplement en faisant un pas à la fois et un après l’autre. À chaque fois que je fais ce chemin, j’ai toujours vécu une expérience singulière, unique. J’aime faire de la randonnée et j’adore me dépasser me donnant des objectifs de distance de plus en plus grands de jour après jour. Il m’est arrivé dans un de mes périples de faire plus de quarante kilomètres dans une même journée.

Mais mon exploit le plus grand ce n’est pas d’avoir fait une grande distance, mais c’est d’avoir pris le temps d’aider une personne à faire un pas de plus. Je me souviens à plusieurs occasions de me retrouver avec des gens qui me disait je n’en peux plus. J’arrête, ici j’ai soif, j’ai mal au pied, je ne suis plus capable, j’ai tout donné. Quoi faire ? La première chose que j’ai dû accepter de ne pas être performant. La deuxième chose c’est vivre et aimer l’autre tel qu’il est. Je me suis retrouvé dans un champ, dans une forêt loin des habitations, d’une source d’eau, loin de la route. Alors la seule chose que j’ai pu dire ; « faisons un pas ensemble, dis-moi qu’est-ce qui te fait mal ? Quelle est ta souffrance ? ». Alors en écoutant l’autre partager sa souffrance je l’invitais à faire un autre pas.
Ce qui m’a émerveillé à chaque fois, c’est en écoutant les cris et les souffrances de ceux qui n’était plus capables, sans s’en rendre compte il faisait un pas à la fois. Un pas à la fois, un après l’autre et ainsi on parcourait à notre insu un, deux, trois, quatre kilomètres et l’on arrivait au refuge où un repas chaud nous attendait. Aujourd’hui, ce n’est pas des kilomètres que nous avons à parcourir, ce sont des journées à vivre une à la fois, sachant que chaque journée vécue est une victoire, un pas de plus vers le refuge celui de la fin de la pandémie.

18 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Comme bien d’autres, j’ai reçu la demande de confinement comme un choc. D’abord, cela confirmait la dangerosité du virus, et, faisant partie de l’âge vulnérable, ma vulnérabilité.

Comment vivre un quotidien bouleversé ? Pour combien de jours, de semaines et peut-être même de mois ? Après quelques jours de réflexion sur mes activités habituelles et de longue date que je ne pourrais plus faire, vivre le moment présent s’est imposé à moi.

Voilà qu’un réseau de solidarité et d’entraide s’est formé pour assurer mon bien-être. Cependant, il me fallait faire appel à l’humilité pour accepter des besoins que je ne pouvais plus combler seule, demeurer humble devant les personnes qui m’offraient leur aide (enfants, petits-enfants, famille agrandie, voisins, amis) avec tant de cœur et de don de soi.

Reconnaître la grande générosité et le dévouement de toutes ces personnes m’appelle à une grande reconnaissance pour le fait que même si je suis une personne qui vit seule, je ne suis pas seule car je suis bien entourée.

Après trois semaines, le corps réclame ses droits. Mes longues marches journalières me manquent. Je prends vraiment conscience qu’un corps sain est bénéfique pour les autres aspects de ma vie. Il me faut trouver d’autres exercices, m’alimenter le mieux possible afin d’échapper à ce virus qui guette en permanence une proie qui le nourrira, sans pour autant qu’il se demande si sa visite pourrait causer la mort.

Le confinement me donne du temps pour voir et essayer de comprendre ce qui se passe sur la Planète entière. Je vois tant de solitude, de souffrances physiques, psychologiques et spirituelles. Les personnes qui décèdent sans être accompagnées me touchent particulièrement.

Mais, je prends conscience aussi que la lumière de l’amour suscite l’espoir, la patience, la gratitude, l’humilité, la charité les uns envers les autres, des liens crées ou retrouvés à travers les familles, les amis, les voisins et plus encore. Nous avons tous un peu plus de temps pour la réflexion et pour la prière.

Le monde devient meilleur un peu plus chaque jour à mesure qu’avance cette grande leçon de vie que le virus traîne avec lui. Devenir meilleur et le rester.

Florence

13 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Quand le malheur nous frappe, comme c’est le cas présentement avec la covid-19, beaucoup sont portés à se tourner vers Dieu. Mais quel Dieu tentent-ils alors de rejoindre? Est-ce bien le Dieu de Jésus-Christ? Certains sont tentés de prier un Dieu qu’ils espèrent tout-puissant et qui d’un coup de baguette magique nous ramènerait à notre situation passée. Dans un tel cas, ces personnes risqueraient de ne rien apprendre des événements et continueraient à vivre comme avant, comme si rien n’était arrivé…
Nous pourrions certainement comparer ces personnes à ces gens qui se tournaient vers Jésus pour l’acclamer aux portes de Jérusalem car ils voyaient en lui le Messie attendu qui les délivrerait de la domination des Romains (Matthieu 21, 1-11). Toutefois comme la réponse attendue ne vient pas et comme Jésus ne correspond pas vraiment à leur image du Messie, au lieu de regarder s’ils n’ont pas une certaine responsabilité et s’ils n’ont pas à entreprendre eux-mêmes quelques actions concrètes, ils choisissent plutôt de se rebuter contre Jésus… Ils seront de ceux qui crieront : «Qu’il soit crucifié!» (Matthieu 27, 11-54). Se pourrait-il alors que ceux qui se tournent aujourd’hui vers ce Dieu tout-puissant en arrive aussi à désespérer et choisir par la suite de le rejeter? À moins qu’ils tournent contre eux leurs frustrations de ne pas être exaucés comme ils l’espéraient en se disant qu’ils n’ont pas assez la foi, qu’ils n’ont pas trouvé la bonne formule de prière, etc. Pourtant il serait faux de croire que Dieu nous laisse dans le malheur parce que nous ne sommes pas assez parfaits ou que nous n’ayons pas trouvé la bonne prière!


Si l’image de Dieu que nous pouvons espérer peut être celle de la Toute-Puissance, nous devons bien reconnaître qu’elle ne correspond pas vraiment à celle que Jésus nous révèle en ces jours saints! En effet, il est bien timide ce Messie qui est incapable de combattre les ennemis avec force, comme le roi David l’avait fait en son temps… Jésus a davantage pris les traits du serviteur souffrant (Isaïe 50, 4-7) et choisi le chemin de l’humilité (Philippiens 2, 6-11). De ce fait, Jésus incarne un Dieu qui prend à bras le corps notre faiblesse, notre vulnérabilité et qui se soumet aussi jusqu’à l’extrême à la liberté de l’humanité. Jésus n’a d’autre choix que d’entrer dans la mort afin de ne pas faire triompher l’image du Dieu tout-puissant, de ce Dieu tout-puissant dont nous rêvons et qui serait là à notre service, au service de notre puissance, de notre succès, et non de ce Dieu à qui nous avons le pouvoir et le devoir de nous remettre totalement entre ses mains, comme Jésus lui-même nous en donne l’exemple au jardin de Gethsémani.
Mais nous sommes constamment tentés de passer de la terre où nous sommes esclaves à la terre promise où coulent le lait et le miel sans passer par le temps de désert nécessaire à l’apprentissage de la liberté. Les jours saints qui débutent nous enseignent que nous ne pouvons vivre vraiment la résurrection que si nous prenons le temps de côtoyer Jésus et de partager son intimité, nous laissant toucher par son humilité alors qu’il se fait serviteur pour prendre soin de nos pieds blessés et salis par la poussière de nos péchés (Jeudi saint); que si nous prenons avec lui le chemin de la croix, accueillant notre réalité humaine avec toutes ses ambiguïtés et ses contradictions (Vendredi saint); que si nous passons à travers le silence de Dieu et l’apparence de l’absence de Dieu (Samedi saint).
Oui, laissons donc le Christ nous révéler son cœur très aimant, ainsi pour nous se déchirera le voile qui nous cachait le véritable visage de Dieu qui ne peut être connu qu’à travers le Crucifié. Et avec lui nous pourrons ressusciter ! 

Mr Alain Gélinas

7 avril 2020 - Publié par Anne Godbout
Source : Pixabay

Ce temps de confinement peut être vécu dans la tristesse dans l’anxiété, voir même dans le désespoir. C’est là une façon de le regarder. Mais il y a une autre manière de vivre ce temps, du confinement nécessaire en raison du (covid -19). C’est dans l’Esperance qui nous amène à regarder l’avenir de façon positive, moi, c’est ce chemin que j’ai pris.
Ce temps de confinement devrait être une façon de regarder en profondeur le sens de notre vie sur le plan sociale et spirituel. Je crois que nous devons réapprendre à se contenter de l’essentiel pour être heureux. Sur le chemin de St Jaques de Compostel en Espagne, les pèlerins ont avec eux dans leur sac à dos seulement, ce qui est essentiel et indispensable pour la route. Évidemment, ils doivent s’arrêter pour boire et manger. Ils apprennent à découvrir, dans le parcourt de leur vie.

Vous et moi qui sommes Chrétiens, nous avons à profiter de ce temps de confinement pour regarder en profondeur notre vie spirituelle, notre vie de prière, de pénitence et de charité. Mercredi des cendres le premier jour du carême, Jésus nous dit dans l’évangile de Saint Matthieu la manière de faire pénitence, de prier, de faire l’aumône et de Jeuner pour plaire à Dieu :

             MT. 6:1-4 :  Afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

             Mt. 6:5-6 : Mais toi, quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est dans ce lieu secret; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra publiquement.             

Mt. 6:16-18 : Quand tu fais l’aumône Jésus disait à ses disciples :
 Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;

ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes
quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra.

             En cette semaine sainte qui est déjà commencée, nous sommes invités à suivre Jésus sur le chemin de la croix et à vivre les évènements de la passion du Seigneur dans notre confinement à la maison. Puisque nous de pouvons pas célébrer les jours saints et la pâque du

Seigneur dans nos Églises toujours en raison du covid-19 tout rassemblement est interdits et par le fait même nos lieux de culte sont fermés. Oui, nous pouvons à la maison nous tourner vers celui qui est mort pour nous sur la croix le Vendredi Saint et qui est ressuscité le matin de Pâques.
Surtout, à ne pas oublier dans ce temps d’épreuve qui touche le monde entier que le Christ est bien vivant et qu’il fait route avec nous comme il l’a fait avec les disciples d’Émaüs ; à nous comme eux de le découvrir par les signes qu’il met sur notre route. C’est bien souvent dans la prière et le silence que nous découvrons ce Christ bien vivant au milieu de nous.

Le Christ ressuscité est notre plus belle espérance il est pour nous de joie et de paix et il est ce Dieu de la vie.

Le psaume 26:13 14 vient réaffermir notre espérance :

« J’en suis sûr je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants, sois fort et prends courage, espère le Seigneur. »

…………….. Surtout en ce temps de confinement……………Quelles sont belles ces paroles ! et pleines d’espérances. Elles sont pour nous sources de de courage et de paix Elles nous aideront certainement à éloigner de nous le désespoir et l’anxiété. Oui soyons courageux et gardons l’espérance. Je termine avec cette petite phrase qu’est le thème pour les pèlerins qui ont fait dans le passé récent un pèlerinage en Gaspésie avec Spiritours :

                      « Au-delà des nuages le soleil brille »

Disons-nous, au-delà de notre confinement (nuages) le soleil brille (I.E. Dieu est là). Revenons à l’essentiel, entrons à l’intérieur de nous et découvrons le Ressuscité qui est à l’œuvre dans nos vies et croyons en dieu qui nous accompagne dans notre confinement.

Réflexion de l’abbé Victorien Levesque ptre.


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Ce blogue est une gracieuseté du Groupe Spiritours