Articles identifié au mot «St-Jacques de Compostelle »

Publié le 26 Septembre 2012
Hélène Ruel, La Nouvelle UnionJamais, l’abbé Gérard Marier n’aurait pensé qu’un jour il se dirait si «fier» de lui.

Jamais, l’abbé Gérard Marier n’aurait pensé qu’un jour il se dirait si «fier» de lui. Et pour cause! À 82 ans, il arrive tout juste… et toujours aussi droit, d’une longue marche de 300 kilomètres sur le caillouteux chemin de Compostelle. «Dans ma vie, j’ai beaucoup appris par les livres. Je ne pensais pas qu’on pouvait en apprendre autant par les pieds, par ce mouvement si simple et répétitif des pieds!», dit-il.

Parti le 31 août avec un groupe de la Communauté du Désert, il a marché, trois semaines durant, à raison d’une vingtaine de kilomètres par jour, de Burgos en Espagne jusqu’à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au dernier jour de son pèlerinage, le 19 septembre, au terme d’une longue marche de 6 heures et demie, l’abbé Marier dit avoir pleuré devant la cathédrale. Bouleversé de reconnaissance.

«J’ai fait quelque chose par la grâce de Dieu», dit-il. Tout au long de sa randonnée, l’abbé Marier, parfois à l’écart du groupe, priait Dieu. Lui demandant le souffle, la puissance et l’énergie selon qu’il devait monter, descendre ou avancer sur des plateaux de chemin graveleux.

«J’ai déployé beaucoup d’énergie avec la carte de crédit de Dieu», dit encore l’abbé Marier.

On peut s’attendre, tel qu’on le connaît, à ce qu’il se mette à l’écriture, au récit de ce pèlerinage, tant il en a été renversé. «J’ai le sentiment qu’en septembre, je suis passé de l’automne à l’été. Comme si tout mon paysage intérieur avait changé.»

1 octobre 2012 - Publié par Anne Godbout

La spiritualité sur le camino


Nombreux sont ceux qui, partis en randonneurs, se déclarent pèlerins à l’arrivée devant la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle. Au départ de mon périple, je n’avais que deux attentes. Je voulais me dépasser physiquement et aller le plus loin possible au fond de moi-même. J’étais habité par ce besoin du dépassement, je voulais aller au delà de mes peurs, de mes faiblesses, de mes limites. Je n’avais aucune idée comment tout ça allait se réaliser, mais je partais confiant étant assuré que les seules issues possibles seraient, d’une manière ou d’une autre, positives.

Porté par l’euphorie des premiers jours reliée à une liberté toute nouvelle, au contact avec la grande nature, à la grandeur du défi relevé, à la beauté des paysages et des personnes rencontrées, j’ai marché les premières centaines de kilomètres un peu comme un touriste, comme un randonneur, comme un sportif.

Après une dizaine de jours, j’ai commencé à sentir la graduelle descente dans mon pays intérieur. À partir de là, j’ai compris que ce n’est qu’au fil de longues journées de marche et de silence que s’amorce la descente au plus profond de soi. Il faut marcher, seul avec soi-même, plusieurs kilomètres par jour, pendant plusieurs jours pour jouir des bienfaits de la démarche entreprise.

Faire la route vers Saint-Jacques de Compostelle, c’est choisir de faire une pause dans sa vie, dans le train-train quotidien, pour prendre le gros risque d’entendre et d’écouter la vie. C’est se mettre en mode « écoute ». C’est se donner suffisamment de temps pour aller loin, très loin sur la route et au fond de soi.

La Vie nous parle toujours et partout. Peu importe où nous sommes, peu importe ce que nous faisons, la Vie nous parle. La déficience est dans notre capacité d’écoute. La vie nous charrie de plus en plus vite, dans un tourbillon de plus en plus rapide, dans un tintamarre de plus en plus fort et dans des activités de plus en plus vides de sens.

Un jour quelqu’un a écrit un livre auquel il a donné le titre : »Arrêtez la terre de tourner, je veux descendre ». Sur la route vers Compostelle, j’ai arrêté de tourner et je suis descendu.

1 mai 2010 - Publié par Anne Godbout

Vous aimez notre site? Recommandez-le!


Ce blogue est une gracieuseté du Groupe Spiritours