Tourisme spirituel ou religieux?

Parlons-nous de tourisme spirituSans préliminaires, Anne Godbout et Mathieu Boisvertel ou de tourisme religieux fut l’une des premières questions de Franco Nuovo lors de ma participation à l’émission Sans préliminaires le 26 juillet dernier. Je lui ai répondu que selon moi les deux vont de pair puisque spiritualité et religion sont intimement liés quoiqu’il soit important de faire la distinction entre ces deux réalités.  Mathieu Boisvert, professeur en sciences des religions à l’UQAM et invité aussi à la même émission, disait que tout ce qui est religieux est spirituel, je suis d’accord sur ce point, et que tout ce qui est spirituel est religieux, alors là je ne suis pas d’accord et je suis encore étonnée de cette affirmation de la part d’un professeur en sciences des religions. J’aimerais bien qu’il me donne sa définition de la religion (je l’ai d’ailleurs invité à participer à ce blogue). Selon mes connaissances et mon expérience, la spiritualité est plus large que la religion en ce sens qu’elle concerne tout ce qui donne un sens à la vie, tout ce qui touche le plus profond et le plus authentique de l’être humain.  Spiritualité vient du mot spiritus, qui veut dire esprit, elle ne peut ni se voir ni se toucher mais on peut en percevoir les effets dans notre vie, elle implique aussi l’idée de croissance personnelle.  Il est possible de ressentir le besoin d’une vie spirituelle et de s’engager dans une démarche de croissance intérieure sans pour autant appartenir à une religion ou être pratiquant.  Le besoin religieux prend sa source et peut s’approfondir dans une démarche spirituelle alors que le besoin spirituel peut se situer et s’épanouir hors du religieux.  En posant cette distinction, nous voulons tout simplement nous ouvrir à la vérité du cheminement spirituel qui rejoint tout l’être et collabore à son mieux-être.

La religion n’est qu’une expression de la spiritualité, mais en même temps elle va plus loin… « La religion a été définie pour la première fois par Cicéron comme le fait de s’occuper d’une nature supérieure que l’on appelle divine et de lui rendre un culte. Dans les langues où le terme est issu du latin religio, la religion est le plus souvent envisagée comme ce qui concerne la relation entre l’humanité et Dieu. »1  Cette relation ne peut se voir ni se toucher, c’est pourquoi l’humain fait appel à des symboles et à des rituels religieux, pour exprimer cette relation entre l’humanité et Dieu, entre le ciel et la terre. La religion est aussi un ensemble de traditions, de croyances et de dogmes et c’est là où certaines personnes se buttent, c’est là où il y a des divisions, particulièrement face à des affirmations considérées incontestables par les autorités religieuses. Toutefois, quand on s’y attarde on réalise que ces traditions religieuses sont un patrimoine d’une richesse extraordinaire et que les enseignements qu’elles contiennent sont pour le bien de l’humanité et pour son épanouissement.  D’une religion à l’autre il y a des contradictions, mais il y a aussi beaucoup de similitudes, particulièrement au niveau des valeurs véhiculées.  Il y a notamment la règle d’or qui est la même dans toute les religions, mais exprimée de façons différentes, qui dit essentiellement : « fais aux autres ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi et ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ».

Qu’en est-il du tourisme spirituel et du tourisme religieux?  Si on se base sur la distinction que je viens de faire entre spiritualité et religion, on peut donc dire que le tourisme religieux est aussi du tourisme spirituel, mais que le tourisme spirituel n’est pas nécessairement tourisme religieux.  Un voyage à la Riviera Maya au Mexique avec des ateliers de croissance personnelle par exemple, est considéré comme tourisme spirituel, mais pas comme tourisme religieux, alors qu’un pèlerinage en Terre Sainte sur les pas de Jésus ou un pèlerinage à la Mecque font définitivement partie de ce qu’on nomme tourisme religieux.  Tout dépend aussi de l’intention poursuivie, une personne peut entreprendre le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle simplement pour relever un défi physique (nous ne sommes plus dans le spirituel, mais parfois une personne peut partir en simple randonneur et devenir pèlerin en chemin…) ou parce qu’elle a sentie un appel ou par conviction religieuse.  Il y a donc la destination, les activités pratiquées, mais surtout l’intention qui vont définir si un voyage est spirituel ou religieux.

Je vous invite à continuer cette réflexion avec moi en me faisant part de vos commentaires.  Ce blogue existe justement dans cette intention de partager nos expériences et nos réflexions sur ce sujet passionnant.

 

1. Wikipédia

1 h 15 min - Publié par Anne Godbout

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